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Recyclage plastique : Granuplast devrait s’implanter à Jassans-Riottier

La société Granuplast monte actuellement un projet d’implantation d’une usine de recyclage de matières plastiques à Jassans-Riottier dans l’Ain. Soumis à autorisation préfectorale, il a fait l’objet d’une enquête publique qui a révélé une forte opposition locale au projet, malgré la réponse qu’il apporte à une problématique sensible et le soutien de la Communauté d’Agglomération Villefranche Beaujolais Saône et de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Le site de Granuplast se situe au cœur de la zone industrielle de la Grande Borne, créée dans les années 60, et qui héberge déjà une cinquantaine d’entreprises et plus de 300 emplois. Il remplacera une usine fermée en 2017.

La société Granuplast, lancée en avril 2020 à l’initiative d’industriels franco-suisses et de Thierry Aubrun, ancien expert comptable et commisaire aux comptes, a déposé en préfecture de l’Ain une demande d’autorisation en vue de la réalisation de son usine de recyclage de matières plastiques sur la commune de Jassans-Riottier. Partant du principe que la production de déchets plastiques va continuer à croître dans les prochaines années, les porteurs du projet entendent ainsi contribuer à la réduction de la pollution insidieuse des microplastiques et  des nanoplastiques, susceptibles de constituer une menace pour les écosystèmes et la santé humaine.

L’usine mettra en œuvre un processus de régénération de polyethylène (PE) haute et basse densité ainsi que de polypropylène (PP) à partir de volumes de plastiques pré-triés, issus par exemple des centres de tri des collectes sélectives (Veolia, Paprec, Valorplast, etc.). Son process devrait permettre une régénération de ces matières plastiques en circuit fermé pour produire des granulés (matière première secondaire) réutilisables par l’industrie, avec un niveau de pureté de 98 % par rapport à la résine vierge.

« Notre projet est assez novateur, car nous assurerons à la fois le broyage et l’extrusion par une chaîne entièrement automatisée, là où les autres industriels procèdent par étapes, explique Thierry Aubrun. Le process commence par le déchiquetage des balles de plastiques en morceaux d’environ 50 mm. Les éventuels morceaux de métaux sont récupérés par un overband, tandis que les plastiques subissent un nouveau broyage qui les réduit à une granulométrie de 10 mm. S’ensuivent plusieurs étapes de tri, d’abord par flottation, puis un tri plus technologique qui pourra se faire soit par tri optique, soit par tribo-électricité, de manière à parfaitement séparer le PE et le PP. Les paillettes obtenues sont stockées en silos avant d’être extrudées en granulés et mis en big-bags prêts à être expédiés aux clients ».

Une cinquantaine d’emplois à créer

Le projet représente un investissement total de plus de 10 millions d’euros, la création à terme d’une cinquantaine d’emplois et la réhabilitation d’un site industriel. Son équipement comprendra à terme deux lignes de prétraitement, de lavage et de tri et cinq lignes de granulation. « Nous commencerons d’abord avec une ligne, puis nous verrons au bout de 12 mois si nous atteignons nos objectifs ». À terme, l’usine serait en capacité de traiter et recycler environ 26 000 tonnes de déchets plastiques par an. Le projet prévoit également à court terme, la création d’un incubateur pour les élèves techniciens et ingénieurs des écoles de la plasturgie de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Inquiétudes des riverains du projet

L’enquête publique, qui s’est déroulée du 6 au 27 avril, a fait ressortir un certain nombre d’inquiétudes de la part de riverains, concernant la circulation des camions, le bruit de l’usine, les risques d’odeurs et de pollution, voire d’incendie et d’explosion.

« Il est normal que les riverains s’inquiètent, reconnaît Thierry Aubrun, mais nous avons répondu aux questions soulevées par l’enquête et le commissaire enquêteur a d’ailleurs rendu un avis favorable ». L’entreprise rappelle que son projet s’inscrit dans la mouvance des réglementations environnementales qui réclament une augmentation du recyclage des plastiques en France. Le site de son implantation se situe au cœur de la zone industrielle de la Grande Borne, créée dans les années 60, et qui héberge une cinquantaine d’entreprises et plus de 300 emplois. La mairie a d’ailleurs prévu l’extension de cette zone et des permis de construire sont en cours de délivrance pour 7 nouvelles structures. « Notre usine va en remplacer une autre qui employait plus de 120 personnes et était plus bruyante, mais depuis sa fermeture en 2017, les riverains, dont les habitations sont postérieures à la création de la zone industrielle, se sont habitués à la disparition des nuisances. Ce terrain présente pour nous toutes les caractéristiques recherchées (bâti, flux électriques nécessaires, etc.). Nous prévoyons des travaux de mise aux normes du bâtiment afin de garantir un accueil optimal à nos futurs salariés et prévenir toute nuisance pour le voisinage. »

À cet égard, les études techniques menées, attentives aux nuisances sonores, olfactives, atmosphériques et d’exploitation, ont toutes validé l’innocuité de l’unité de recyclage. Pour renforcer ces garanties, Granuplast entend s’équiper de murs anti-bruit, de capotage de machines, de filtres de matières premières et de poussières sèches, etc.  « Tous ces équipements ajoutés garantissent une installation qui va bien au-delà des règlementations en vigueur », assure l’entreprise.

Bonnes perspectives

Reste pour Granuplast à obtenir son autorisation préfectorale, qui pourrait intervenir durant l’été. « Si nous avons l’autorisation, il faut encore recevoir et monter la ligne, qui pourrait être opérationnelle à petite vitesse au 4e trimestre 2021. Nous commencerons à travailler en 1/8, ensuite nous passerons en 2/8 et si on peut en 3/8, prévoit Thierry Aubrun. Nous avons a déjà des clients potentiels intéressés : la Plastic Valley attend nos échantillons ! Il faut savoir que la réglementation va imposer 100 % de recyclage en 2025, ce qui sera déjà compliqué, mais surtout, toutes les nouvelles productions de plastique vont devoir intégrer du recyclé. Il va y avoir des décisions réglementaires fixant les taux de recyclé à introduire dans les différentes applications. L’objectif serait en principe 30 % de recyclé dans toutes les applications en 2030 ». De quoi parier sur un bel avenir pour Granuplast.

 

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