Actualités

Santé :l’innovation sera technique et sociale

Les deux conférenciers étaient Amaury Martin, secrétaire général du Cancéropôle Lyon Auvergne Rhône-Alpes (CLARA) et Christophe Pascal, Directeur de l’Institut de Formation et de Recherche sur les Organisations Sanitaires et Sociales (IFROS), situé à l’Université Jean Moulin Lyon 3.

Le CLARA est un des cancéropôles mis en place lors du lancement du Plan Cancer pour stimuler la recherche sur cette maladie. Il a pour objectif particulier des recherches susceptibles d’apporter en lien avec les entreprises des réponses multiples et des résultats rapides.

LIFROSS    mène des actions de formation initiale et continue dans le domaine de l’organisation des systèmes de santé, et des actions de recherche qui visent à améliorer le fonctionnement des systèmes de santé.

Les besoins, la demande en santé sont immenses. On ne peut plus dire à des personnes de soixante ans, qu’elles n’ont plus que quelques années à vivre. Le système de santé devra assurer la bonne santé, le plus longtemps possible à une proportion de la population qui s’accroit.

Amaury Martin et Christophe Pascal ont surpris leur auditoire en révélant que les grands défis sanitaires ne seront pas relevés seulement par des innovations technologiques, nouveaux médicaments, nouveaux équipements.

Le toujours plus est fini

En effet, le fardeau des dépenses de santé augmente avec le vieillissement d’une population de plus en plus exigeante. La capacité de répondre à cette demande par le ” toujours plus”  trouve des limites.

Il y aura toujours des innovations techniques, de nouvelles molécules, de nouveaux traitements, mais une partie des innovations les plus efficientes ne seront pas technologiques.  «  On ne peut plus regarder seulement ce qu’on dépense et les résultats en terme de productions de biens et de services, il faut prendre en compte la satisfaction des patients eux-mêmes à tous les niveaux » rappelle Christophe Pascal.

Des  améliorations viendront de la prévention, du dépistage, de parcours de santé plus adaptés. Cette évolution suppose une nouvelle répartition des rôles, du côté des personnels de santé et des patients citoyens. 

Le fonctionnement du système de santé devra être décentralisé, développer la délégation, l’expérimentation, laisser la place  à de nouveaux métiers facilitant la communication avec les patients, les aidant à prendre en  main leur santé.

Les patients  ne devront plus être des consommateurs passifs de soins et de services, mais des consomm’acteurs  responsables. Ils devront être actifs, prendre leurs responsabilités, s’engager, en modifiant leurs comportements, en renonçant aux habitudes délétères, en s’informant, en assumant des choix éclairés.  Ils devront apprendre que la santé se construit chaque jour …

michel.deprost@enviscope.com

VOIR AUSSI