Transport Fluvial

Smart Rivers : Le transport fluvial en quête de transition numérique

Comment valoriser les rivières et améliorer le transport fluvial, économe en énergie, sûr et peu émetteur de gaz à effet de serre ? La conférence internationale Smart Rivers débute ce mardi 1er octobre pour trois jours à la Cité internationale de Lyon pour faire le point et esquisser des pistes. Ce lundi, des chercheurs ont échangé sur les apports du numérique.

Souvent délaissé en raison de sa lenteur et des ruptures de charge, le transport fluvial présente néanmoins un réel potentiel, que les outils numériques peuvent contribuer à valoriser.© Captnshaw (CC BY-SA 3.0)

Les cours d’eau sont un formidable outil d’aménagement, en raison notamment de leur capacité à permettre un transport économique et respectueux de l’environnement. Souvent délaissé en raison de sa lenteur et des ruptures de charge, le transport fluvial présente néanmoins un réel potentiel.

La Conférence, portée par l’association internationale pour les infrastructures de Transport fluvial (AIPCN), soutenue en particulier par Voies Navigables de France, CNR mais aussi des entreprises de travaux publics, veut faire la lumière sur ce potentiel.

En préambule, lundi matin, à la Cité internationale de Lyon, une rencontre de chercheurs a permis de faire le point sur les attentes des chargeurs et des transporteurs et sur les réponses techniques permises par le numérique via la digitalisation, l’automatisation et la robotisation.

Une large mobilisation nécessaire

Rui Wang, société Kitaanalytics, et Nicolas, Bour, Voies Navigables de France
Nicolas, Bour, Voies Navigables de France et Rui Wang, société Kitaanalytics. ©M.Deprost

Pour Nicolas Bour, Directeur des liaisons européennes et de l’Innovation chez Voies Navigables de France, il est essentiel, en France en particulier, que la voie d’eau et le transport fluvial bénéficie d’une large mobilisation pour répondre aux demandes des chargeurs et des transports.

Les chargeurs (entreprises industrielles) hésitent à recourir à la voie d’eau en raison de sa lenteur, mais aussi parfois de ses lacunes en matière de traçabilité, de fiabilité et de respect des délais. Les performances environnementales ne suffisent pas à convaincre. Ils ont besoin de connaître des délais précis, de pouvoir transporter des volumes qui ne soient pas forcément considérables. La voie fluviale doit conserver sa robustesse et sa sobriété, mais gagner en souplesse et s’intégrer aux chaînes intermodales.

La digitalisation autorise des progrès énormes

Des entreprises, des gestionnaires d’infrastructures, mais aussi des laboratoires, ont déjà produit un éventail d’innovation pour améliorer la connexion entre modes de transport, entre la route, le rail et la voie fluviale. La digitalisation autorise des progrès énormes, des gains de productivité et de qualité appréciables.

Très souvent, rappellent Nicolas Bour, mais aussi Eric David, enseignant à ParisTech et à EMLyon et organisateur de la table ronde, il sera souhaitable de transférer et d’adapter des modes de gestion et des équipements utilisés dans d’autres filières de transport pour mieux gérer, accroître et densifier les trafics, pour mieux suivre non seulement les bateaux, mais aussi les conteneurs et palettes, pour prévenir les pannes, les incidents, et accroître la sécurité.

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