Énergie

Sortir du Nucléaire conforté quant au coût de la prolongation du nucléaire

La réseau associatif ” Sortir du Nucléaire” estime qu’il est conforté dans ses positions par la publication de plusieurs documents décents.

L’association annonce que des documents internes à EDF parvenus au Journal du Dimanche, indiquent que la « cure de jouvence » des réacteurs pour porter leur durée de fonctionnement à 50 ans s’élèverait à près de 100 milliards d’euros, soit l’équivalent des coûts de construction du parc actuel. La construction de nouvelles centrales atteindrait 200 à 240 milliards d’euros, sans que soit indiqué si les estimations prennent ou non en compte les coûts du démantèlement, ni ceux de l’ensemble des installations de la chaîne du combustible nucléaire, ni des déchets produits.

Pour Sortir du Nucléaire, ces éléments confortent les analyses produites par l’agence WISE Paris pour Greenpeace. Selon l’association ”  EDF, qui pousse pour la mise en œuvre de la prolongation du nucléaire en taisant ses coûts, s’apprête à faire supporter à la collectivité des dépassements de budget colossaux… et/ou à effectuer des travaux au rabais, au mépris des risques pour la population – et des coûts d’un éventuel accident !

L’étude WISE  les projets d’EDF garantissent à la fois les dépassements de coûts et une sûreté « low-cost », les derniers déboires des chantiers nucléaires laissant entrevoir le pire.

Des retards pour les EPR

Le Réseau Sortir du Nucléaire pointe aussi les incertitudes très lourdes qui pèsent sur certains chantiers d’EPR en cours. ” Les travaux de l’EPR de Flamanville sont pour une bonne partie suspendus suite à de nombreuses malfaçons et affaires de travail illégal” . Selon le journal finlandais Kauppalehti [2], ceux de l’EPR d’Olkiluoto seraient également en stand-by et promettraient neuf ans de retard au moins pour la tête de série du « fleuron » de l’industrie nucléaire française. Enfin, l’Autorité de Sûreté Nucléaire elle-même s’inquiète de l’incapacité d’EDF à gérer correctement les travaux de maintenance sur les réacteurs et des risques pour la sûreté qui en découlent.

Pour Sortir du Nucléaire, il faut espérer que ” les informations livrées par le JDD ouvriront les yeux aux décideurs de la politique énergétique, qui, au mépris de la sûreté des citoyens et des coûts pour la collectivité, plaident pour allonger la durée de fonctionnement des centrales et construire de nouveaux réacteurs.”  Le réseau craint que les politiques continuent  “à enliser la politique énergétique française dans une impasse digne du siècle dernier ? Sortir du Nucléaire, rappelle le vote par le Sénat, le 25 février d’une proposition de loi en faveur de la prolongation et du développement du parc nucléaire.”

Pour le Réseau “Sortir du nucléaire“, ” une seule issue de bon sens devrait pourtant s’imposer : programmer l’arrêt des réacteurs en commençant par les plus anciens, qui ont dépassé les 30 ans, et développer les économies d’énergie et les renouvelables, bien moins chères et plus créatrices d’emplois.

Notes :
[2] Voir la dépêche Reuters : http://uk.reuters.com/article/2014/02/28/tvo-olkiluoto-idUKL6N0LX3XQ20140228

[3] Le chantier du réacteur EPR de Flamanville cumule ces problèmes. Voir notre rétrospective : http://www.sortirdunucleaire.org/Flop-EPR

[4] Citons notamment la résolution adoptée par le Sénat pour la prolongation du parc nucléaire

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