Environnement

Thierry Delair ( Lyon 1 et AXEL ONE) : les biomatériaux apporteront des solutions nouvelles pour la santé

Thierry DELAIR,  Professeur des Universités, Université Claude-Bernard Lyon 1, Chercheur à l’Institut des Matériaux Polymères-IMP explique l’intérêt des biomatériaux dans le domaine de la santé.
  Des solutions  pour la production industrielle de biomatériaux, à des coûts maîtrisés, sont mises au point par les chercheurs sur la plateforme d’innovation collaborative Axel’One, dédiée à l’accueil de projets de R&D et de TPE/PME innovantes dans le secteur de  chimie-environnement,
La thématique des matériaux appliqués à la santé est très vaste et le potentiel d’innovation concerne le développement de matériaux susceptibles d’apporter une forte valeur ajoutée à la médecine moderne. Dans ce contexte, un axe porteur est l’utilisation de polymères naturels dans l’élaboration de biomatériaux dont le contact avec les tissus vivants sera exempt d’effets secondaires indésirables et qui pourront activement participer à des processus biologiques ou thérapeutiques grâce à la modularité de leurs propriétés.
En utilisant les technologies que la plateforme Axel One met à disposition des chercheurs académiques et industriels, nous pourrions occuper une position stratégique dans la mise en œuvre de polymères naturels tels que le chitosane, les alginates, l’amidon, etc…, en adaptant à ces matériaux d’origine naturelle les procédés existants pour les matériaux synthétiques.

Interaction matériaux-cellules

D’autre part, la modélisation des interactions matériaux-cellules ou bien de l’évolution des propriétés de ces biomatériaux sous diverses sollicitations permettrait de gagner du temps dans la conception de matériaux multifonctionnels pouvant être impliqués, par exemple, dans des processus complexes de la régénération tissulaire.
D’autres domaines d’applications de ces biomatériaux d’origine naturelle sont envisageables en santé humaine et vétérinaire. Par exemple, la prévention et le traitement des maladies infectieuses ou encore la vectorisation ciblée de médicaments dans le cadre de chimiothérapies lourdes.
L’objectif à moyens/longs termes est d’améliorer la qualité de vie de patients atteints de pathologies aujourd’hui considérées comme chroniques ou sévères et aussi de réduire les coûts de prises en charge de ces patients.
Les biomatériaux permettront par exemple d’accroitre l’efficacité des vaccins, de faciliter la régénération cardiaque post- infarctus ou encore d’améliorer la résistance des prothèses aux bactéries.
Un exemple d’application de ces biomatériaux dans le domaine de la pharmacie, qui constitue un des axes de recherche de notre unité, est l’élaboration de nano vecteurs permettant de mieux cibler les cellules malades à traiter et de visualiser l’impact du traitement par des méthodes d’imagerie.
Mais le temps de développement dans le secteur de la santé est toujours très long et de nombreuses questions restent posées, comme celles de l’approvisionnement en polymères naturels, de leur variabilité, de leur classification dans le cadre de la réglementation Reach–le chitosane n’est pas classifié, par exemple–et de leur production industrielle.
Les solutions existent et nous progressons chaque jour. Tout ce qui peut nous permettre de soutenir nos travaux et nous conduire à développer des procédés de production à faible coût est à considérer avec la plus grande attention.
»

VOIR AUSSI