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Transition énergétique et représentativité

Le débat sur la transition énergétique a réuni 10 000 Rhônalpins. C’est réellement beaucoup, mais au-delà de ce chiffre et du nombre impressionnant de réunions, il convient de dresser un bilan.

C’est une insuffisance de démocratie vraie, qu’un débat dans une région, qui se présente comme la première région industrielle de France, la première région énergétique d’Europe, ne soit pas organisé sur des bases équilibrées.

Sous couvert de spontanéité, de démocratie locale, d’ouverture, de nombreuses réunions ont abordé les enjeux énergétiques sous un angle local intéressant mais insuffisant, ou avec une approche étroite.

Dès le mois de décembre, des représentants des entreprises et des travailleurs, avaient le sentiment que les dés étaient pipés. Que les conclusions étaient écrites à l’avance.

Le Conseil Economique Social et Environnemental (Ceser) a engagé un débat intéressant sur le fond. Mais les conseillers du Ceser ont peiné à vraiment échanger. La voix du Ceser n’a pas été entendue. Assemblée de vétérans de la vie économique et sociale, le Ceser doit rapidement changer de style pour faire entendre la voix de la ” société civile organisée “.

Le Ceser compte en effet des représentants d’organisations de travailleurs, d’entrepreneurs, d’institutions représentatives par le nombre de leurs adhérents, leur expérience de la vie sociale, leurs responsabilités et leur indépendance. Ces associations et autres syndicats montrent qu’ils peuvent contribuer au débat.

Son avis étant écouté, sans plus, le Ceser est confronté à une crise de représentativité, en temes de générations, de mode de travail, de communication. Il y a urgence.

Car la majorité du Conseil régional lui préfère des associations dont la représentativité est très inférieure à celle des organisations syndicales de travailleurs ou à celle des organisations d’employeurs, qui sont aussi des ONG. De  nombreuses associations de défense de l’environnement ont une base militante étroite, d’autres ” ONG ” étant plutôt des structures de services dépendant de financements publics.

Entre consultatation participative tronquée et organisations traditionnelles parfois ronronnantes, la démocratie piétine.

C’est gênant, au moment où il faut régler des questions environnementales, mais aussi économiques et sociales.

michel.deprost@enviscope.com

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