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Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne: l’IA pour mieux trier les déchets

Un copilote entrainé par WasteFlow, jeune pousse  de l’Ecole Polyechtnique Fédérale de Lausanne identifie et quantifie les déchets pour rendre les centres de tri plus efficaces. Plusieurs programmes de soutien à l’entrepreneuriat de l’EPFL ont permis d’accélérer son développement.

        En Suisse, près de 700 kilos de déchets sont générés par an et par personne, en tout plus de 6 millions de tonnes, dont la moitié passe par des filières de tri : verre, polyéthylène,  aluminium, carton, etc. Malgré les efforts déployés par les citoyennes, les citoyens, les déchèteries et les communes, des éléments indésirables et des matières mélangées restent dans les déchets. Il faut donc que dans les centres de tri, tapis roulants et interventions humaines éliminent les erreurs de tri parfois très similaires au matériau à recycler. Des contaminants  échappent aux contrôles empêchant la production de matières recyclées au niveau de pureté idéale.

La  jeune pousse WasteFlow  recourt à une Intelligence Artificielle  qui  exploite les données d’un réseau de capteurs et de caméras déployé tout au long des lignes de traitement. Le système analyse en temps réel les flux de déchets: nature, volume, masse, dangerosité. « Notre système reconnaît 66 catégories de déchets, avec des niveaux de précision particulièrement élevés, jusqu’à 98% pour certains plastiques, comme le PET, le HDPE ou le LDPE », souligne Théophile Agresti, cofondateur de l’entreprise. Le système permettrait d’augmenter d’environ 6% les taux de recyclage dans les installations équipées, réduisant ainsi la quantité de déchets envoyés à l’incinération.

Un développement soutenu par l’écosystème EPFL

La jeune entreprise compte treize employés. Le projet germé en 2023 dans les têtes de Valentin Ibars, Théophile Agresti et Theo Vitupier, étudiants de l’EPFL, les cofondateurs. « Nous cherchions un domaine dans lequel nous pouvions avoir un impact environnemental concret », se souvient Théophile Agresti. « Le secteur des déchets est gigantesque, mais encore très peu digitalisé : il existait un énorme potentiel technologique. »

Le programme Blaze, destiné aux étudiants-entrepreneurs de l’EPFL et auquel ils participent, leur apporte une structure et un environnement stimulant. Il permet d’échanger avec des mentors expérimentés et de bénéficier de conseils . La même année, l’entreprise obtient un Ignition Grant de l’École doté de 30 000 frs de démarrage et le soutien de la Fondation pour l’Innovation et la Technologie (FIT).

Le programme Innosuisse de la Confédération avec le Laboratoire de vision par ordinateur (CVLab) a permis de déployer leur solution dans des centres de tri de la région transformés en laboratoire grandeur nature. Des améliorations  ont été apportées lors du programme de stages pour les étudiantes et étudiants de master ou de jeunes diplômés de l’EPFL. Un stagiaire a développé une solution pour l’analyse des performances des centres de tri et l’optimisation des processus de recyclage. D’autres postes de stagiaires, payés par l’entreprise cette fois, en partenariat avec le CVLab ont également offert aux étudiants des cas d’études concrets et à l’entreprise des compétences importantes à son développement. « Notre objectif est maintenant de combiner des données infrarouges, thermiques et de profondeur pour détecter des objets dangereux, ou certains composants, même lorsqu’ils sont partiellement cachés dans des amas de déchets. »

Depuis deux ans l’entreprise a obtenu près d’1,5 million de francs d’investissements. Elle poursuit son développement en relation avec ses premiers clients. Le système est déjà déployé dans plusieurs centres de tri en Suisse, en France et en Espagne. Le programme Enabled by Design de l’EPFL les a aidés à améliorer leur plateforme destinée aux clients. « C’est une étape importante pour rendre les outils développés accessibles aux opérateurs de terrain et facilement intégrables dans des infrastructures industrielles complexes ».

La prochaine étape consiste à automatiser davantage, avec des systèmes capables d’ajuster automatiquement certains paramètres des machines en fonction de la composition des déchets observée en temps réel. À terme, l’ambition de la jeune entreprise est de créer des infrastructures de recyclage capables d’optimiser elles-mêmes leurs performances en continu.

 

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