Biotope

109 M€ pour le contrat de rivière de la Romanche

La vallée de la Romanche, bien connue des skieurs qui fréquentent les stations de l’Oisans, est actuellement le théâtre d’importants travaux : ceux d’EDF, qui investit 250 M€ dans la centrale hydroélectrique de Romanche-Gavet et ceux des ruines de Séchilienne, où l’effondrement de 3 millions de m3 de roches menace la vallée. La surélévation des digues de la plaine de Vizille et la partie hydraulique sont prises en charge par le Symbhi1, alors que le Conseil général de l’Isère construit une déviation routière de 1 km, calée à 30 m de hauteur.

Ces importants chantiers ne doivent pas masquer le travail considérable entrepris depuis plusieurs années en vue de préserver la qualité de l’eau, restaurer la configuration naturelle du lit de la rivière, celle des ripisylves, prévenir les risques d’inondation, garantir la ressource en eau potable… C’est désormais le contrat de rivière Romanche, porté par le Saco2, qui assurera l’ensemble de ces missions. Il s’agit de 150  actions, répertoriées dans 5 domaines d’interventions pour un budget total de 109 M€.

Un travail ardu de concertation

« C’est certainement le plus important contrat de rivière engagé avec le concours de la Région » s’est plu à rappeler Jean-Jacques Queyranne, président de Rhône-Alpes, qui avait fait le déplacement jusqu’à la station verte d’Oz-en-Oisans pour féliciter les partenaires du gros travail de concertation entrepris avant la signature. La multiplicité des acteurs (16 partenaires signataires, 60 maitres d’ouvrages différents), leurs intérêts souvent contradictoires n’ont pas rendu la chose facile. « Il faut permettre aux agriculteurs d’irriguer, à EDF de produire de l’électricité, à la Frapna de protéger les poissons, aux stations d’enneiger et… à mon voisin de remplir sa piscine » résume Gilles Strappazzon, président du contrat de rivière.

Aujourd’hui les partenaires sont non seulement d’accord, mais ils ont déjà engagé les premiers travaux : doter chaque refuge ou restaurant d’altitude d’un assainissement individuel aux normes, intervenir sur les 14 ouvrages transversaux dits “Grenelle”, pour lesquels il faut permettre la continuité écologique, mais surtout réaliser les travaux d’extension de la station d’épuration d’Aquavallée à Bourg-d’Oisans (pour le traitement de l’azote) et construire celle de Gavet. La partie assainissement mobilisera la moitié du budget du contrat de rivière.

” La bonne santé de nos artères “

Sur ce point Nicolas Chantepy, délégué régional de l’Agence de l’eau s’est montré extrêmement satisfait, l’assainissement constituant pour lui, avec la restauration physique du cours d’eau et celle de la continuité écologique, les trois points forts du contrat de rivière Romanche. « C’est comme pour le corps humain, il faut s’assurer de la qualité de ses artères » explique Alain Chabrolle, vice-président de la Région en charge de l’Environnement. C’est le sens des trames vertes et bleues, issues du Grenelle de l’Environnement, dans lesquelles sont préservés les milieux et la circulation de la faune. Ce sera également une des préoccupations du futur Schéma régional de cohérence écologique (SRCE), qui devrait être approuvé par la Région au printemps prochain.

antoine.reboul@enviscope.com

1 SYMBHI : Syndicat mixte des bassins hydrauliques de l’Isère

2 SACO : Syndicat d’assainissement du canton de l’Oisans et la basse Romanche

VOIR AUSSI