Le feu vert à l’autoroute A 45  » enterre le Grenelle de l’Environnement »

Les associations avaient eu vent de certaines rumeurs laissant penser que la procédure suivait son cours. Lors d’une rencontre avec un conseiller technique du ministre des Transports, la présidente d’ALCALY et le co-président de la Sauvegarde des Cîteaux du Lyonnais avait compris que l’issue la plus probable serait la poursuite de la procédure et la signature.



Les associations avaient pensé que les propos de Nathalie Kosciusko Morisot, le 17 mai à Saint Maurice sur Dargoire, pour prendre en compte des alternatives reflétaient une vraie ouverture de la part de l’Etat. Vendredi 11 juillet, lors de l’inauguration d’un marché aux fruits par les producteurs des Côteaux du Lyonnais à Vourles, Michel Barnier, ministre de l’Agriculture, avait déclaré « les terres agricoles n’ont pas vocation à être artificialisées en routes et autoroutes ». Certains ministres ont préféré ne pas se brûler les ailes sur un dossier pour lequel la signature attendue n’était pas la leur. « Je n’ai pas soufflé ces propos au ministre » explique Maurice Fisch, co-président de la Sauvegarde des Côteaux du Lyonnais. Les opposants ont même cru que Jean-Louis Borloo pouvait infléchir le cours des évènements.




Le vent a sérieusement tourné dans les rapports que les associations vont entretenir avec l’Etat sur ce projet, comme sur d’autres dossiers. Maurice Fisch va écrire rapidement à Jean-Louis Borloo. Les associations vont se déplacer sur le terrain juridique pour mettre en cause les « incohérences » d’un dossier qui repose sur des données anciennes, dépassées. « Le projet repose sur un coût du carburant qui n’a plus rien a voir avec la réalité « On parlait de 25 dollars le baril, il est à près de 150 dollars » explique Maurice Fisch. « Cette autoroute sera déserte dans quelques années, on pourra la transformer en piste cyclable” explique Jean-Charles Kolhaas, élu Vert à la Région.



Après les OGM et le nucléaire



Après une loi sur les OGM jugée insuffisante, après la relance du nucléaire, le feu vert à l’autoroute A 45 est « un enterrement du grenelle de l’environnement » ou cours duquel le président de la République avait expliqué qu’aucune autoroute ne serait construite pour en doubler une autre. Les opposants font remarquer que les tracés de l’A 47 et le tracé de l’A 45 sont assez parallèles.



Le feu vert au projet d’A 45, risque de contribuer à dégrader les relations du gouvernement avec un monde associatif qui avait plutôt accepté de jouer le jeu. Alain Chabrolle, porte-parole de la FRAPNA, membre de France Nature Environnement, annonce que les associations adopteront un ton bien plus critique, et entreront dans des procédures juridiques pour s’opposer aux projets contraires à la défense de l’environnement, mais aussi à l’intérêt social.



michel.deprost@enviscope.com


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