Environnement

Recyclage des pneus: ALIAPUR avance sur un marché qui freine

En cinq ans, ALIAPUR, éco organisme spécialisé dans la collecte et le recyclage des pneumatiques usagés a réussi le pari lancé en 2004 par son directeur, Eric Fabiew, faire baisser le prix des opérations.


En 2004, l’activité collecte-recyclage était financée par une contribution de 2,20 euros par pneu voiture, payée par les « producteurs ». Les producteurs sont les manufacturiers, mais aussi les importateurs ou distributeurs de tout pneu vendu en France. Cette contribution est évidemment répercutée sur le consommateur, même si ce dernier n’en n’a pas conscience, la mention du coût de la collecte et du recyclage n’étant pas affichée sur les étiquettes.


En cinq ans, ALIAPUR est parvenu à réduire ses coûts de collecte recyclage et à mieux valoriser les produits issus des pneus. ALIAPUR a réussi à réduire son chiffre d’affaires en baissant progressivement l’effort demandé aux producteurs. A la fin de 2009, le conseil d’administration de la société présidée par Serge Palard, a pu décider une nouvelle baisse. D’ici 2011, une baisse de 5 à 10 centimes parait raisonnable.


Le chiffre d’affaires d’ALIAPUR basé sur les contributions des producteurs peut donc baisser( moins 12% en 2008). Il reflète l’abaissement des coûts imposés par la fin de vie des pneus. Après une baisse de 18 000 tonnes au dernier trimestre de 2008, ALIAPUR exécutera une commandes passée par les producteurs en recul de 6% pour 2009. Ce recul entrainera une baisse de 10% du chiffre d’affaires.


300 000 tonnes collectées en 2008


En 2008, ALIAPUR était engagé à une collecte de 298 766 tonnes, déclarées par les metteurs sur le marché. En fait, ALIAPUR a collecté 300 309 tonnes, auxquelles se sont ajoutées 1575 tonnes de stocks historiques.


La répartition des coûts de l’entreprise est en gros demeurée la même. Avec une vingtaine de salariés, ALIAPUR dont le siège est à Lyon, consacre 2% de son chiffre d’affaires au fonctionnement de sa structure, et consacre environ 5% à la recherche et au développement. La société consacre 11,10 % de ses recettes à la valorisation. La valorisation sous forme énergétique impose parfois de payer l’utilisateur pour l’inciter à utiliser des résidus de pneus. C’est le cas pour le débouché dans les cimenteries. Le deuxième poste de dépense est la transformation (32,88%) qui permet d’obtenir des granulats et autres produits intermédiaires.


Améliorer la collecte


Le poste le plus important est la collecte (48% des coûts). « En 2008 notre commande a représenté 42 millions de pneus de voiture et demandé 138 000 opérations de collecte » précise Eric Fabiew. En quelques années, ALIAPUR a constitué un réseau de 44 entreprises locales spécialisées dans cette activités. Une bonne partie des entreprises étaient déjà présentes sur le marché de récupération des pneus, mais ALIAPUR leur a fourni un cadre et des perspectives permettant une meilleure organisation.


ALIAPUR a ainsi œuvré pour la formation des trieurs, qui occupent un poste clé, pour la sélection des pneus revendus ou rechapés d’une part, ou dirigés vers des filières de transformation. Quarante et un trieurs ont passé des épreuves du Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) d’opérateur-trieur. C’est le premier diplôme du secteur de la récupération de pneus. ALIAPUR agit pour l’extension de cette qualification au niveau européen.


Si l’amélioration du tri est capitale, l’amélioration de la collecte est essentielle sur un marché où les volumes seront cette année réduits. Toute la filière pourrait souffrir sérieusement de la contraction de l’activité . ALIAPUR entend donc demander aux entreprises de collecte désormais plus qualifiées, de nouveaux efforts en matière de productivité. L’optimisation de la collecte sera recherchée à trois niveaux. Environ 30% de gains pourraient être réalisés au niveau des points de collecte, avec un meilleur stockage et une meilleure prise en charge. Des gains pourraient être réalisés au nouveau des plateformes où les pneumatiques usagés sont reçus et triés. Enfin des gains pourraient surtout être réalisés pour les tournées de collecte. “La collecte est souvent réalisée en fonction de la première fiche qui se trouve sur la pile” simplifie Eric Fabiew. Organiser les tournées permettra de réduire les kilométrage parcourus, les dépenses de carburant des collecteurs… et l’usure des pneus des véhicules de collecte.


michel.deprost@enviscope.com


Pour en savoir plus sur ALIAPUR: www.aliapur.fr


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