Environnement

ARKEMA à Château-Arnoux-Saint-Auban : la page de la pollution par les PCB est tournée

En 2008, l’usine Arkema de Saint-Alban avait émis des rejets de PCB très supérieurs aux niveaux autorisés, polluant le lit de la Durance. Les mesures correctives ont  été efficaces.

L’usine ARKEMA de Saint-Auban  ( Alpes de Haute Provence) produit un solvant chloré trichloroéthane utilisé pour fabriquer des gaz fluorés, des hydrofluorocarbures et des polymères fluorés. L’unité est dotée d’un atelier de valorisation des résidus chlorés (VRC) mis en route en 1989. Les déchets chlorés contiennent des PCB. Pour les 7 PCB indicateurs, l’usine est autorisée à relâcher au maximum 200 g/an.

 

L’étude publiée au début du mois d’avril par l’Agence de l’Eau rappelle qu’à la fin de 2008 des émissions anormales de PCB se sont produites dans le milieu. Les investigations ont établi que plusieurs facteurs ont causé ces rejets : des maladresses de vidanges et nettoyage non immédiatement dépistées du fait de l’organisation des contrôles à fréquences trop espacées. Les rejets ont été provoqués par une mauvaise manœuvre de dépotage par des engins de nettoyage, une confusion des lieux de stockage d’attente entrainant des souillures des revêtements sols.

Des mesures curatives ont permis de recueillir après nettoyage, une dizaine de tonnes de boues envoyées en élimination.

Plusieurs mesures ont été prises pour corriger cette mauvaise gestion. Des mesures préventives ont été prises concernant des procédures d’intervention avec obligation d’un « feu vert » interne écrit pour certains dépotages consécutifs à des nettoyages. L’étanchéité d’un bac de stockage a été améliorée. La fréquence insuffisante des échantillonnages a été corrigée en calculant des valeurs moyennes hebdomadaires et mensuelles à partir d’échantillons journaliers. Aux analyses faites par le laboratoire interne d’Arkema se sont ajoutées celles d’un laboratoire extérieur. Des progrès ont été accomplis sur l’identification des flux du fait d’un substantiel gain dans la sensibilité de détection. La fréquence des analyses est plus élevée.

Amélioration

 

Les mesures ont été efficaces. Le flux de PCBi rejeté en 2008 s’est établi a 550 g dont 400 g sur les deux derniers mois. En 2010, la situation est revenue à 282 avec une forte diminution des émissions à partir du deuxième semestre (0,5 g /j). Pour 2011, sur la base des résultats connus pour les deux premiers mois, le flux rejeté s’est établi en dessous de 200 g/an.

 

Une pollution sur le bassin de la Durance

L’étude PCB a porté sur les effets de ces pollutions sur le bassin de la Durance. L’ensemble de la problématique « nappe » de la Durance a entrainé un renforcement de la surveillance au moyen d’une barrière hydraulique récemment densifiée.

La surveillance a permis d’étudier le site et des sols globalement pollués pouvant contenir des PCB provenant de « reconstitutions » consécutives à l’évolution historique de l’ensemble des produits chimiques organiques utilisés depuis près d’un siècle. Les puits détectés comme « récepteurs » de PCB ont été isolés. Une décantation de substances pompées a permis une ségrégation des PCB. Dans l’immédiat, ces dispositions contribuent à l’amélioration du flux journalier émis.

Une baisse des pollutions de la Durance

Des campagnes de mesures annuelles ont été réalisées sur la qualité des eaux de surface de la Durance et sur les sédiments et la chair des poissons. Diligentée par l’ONEMA, cette campagne de mesures est depuis 2011, réalisée par le laboratoire GIR-Eau. Les résultats de 2011 ont mis en évidence une situation normale. La campagne de juin 2012  donné des  résultats sur les végétaux et sédiments  comparables aux campagnes antérieures. Concernant les PCB, les valeurs dans les poissons prélevés au Pont des Mees sont en nette diminution, de même pour les végétaux. La baisse des teneurs dans les sédiments localisés au Pont des Mees est confirmée.

Les rejets de PCB dans la Durance sont en nette diminution entre 2010 (21g/mois) et 2011–2012 (moyenne mensuelle à 13g/mois) et sont très inferieurs aux limites fixées.

michel.deprost@enviscope.com

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