Sources alternatives

Au fond de l’Atlantique des bactéries produisent leur énergie à partir d’hydrogène

Au fond de l’Atlantique des bactéries produisent leur énergie à partir d’hydrogène

Des bactéries vivant en association avec des moules hydrothermales utilisent de l’hydrogène comme source d’énergie pour produire de la matière organique. Cette nouvelle voie métabolique et l’identification du gène clé de l’oxydation de l’hydrogène gazeux pourraient à long terme, intéresser les biotechnologies. Son intérêt est certain pour le futur des énergies renouvelables.
Jusqu’à présent, deux sources d’énergie chimique utilisées par les bactéries des sources hydrothermales découvertes en 1977 étaient connues : les composés sulfurés réduits et le méthane. Des scientifiques révèlent que les bactéries symbiotiques des moules hydrothermales de la dorsale Médio-Atlantique utilisent l’hydrogène comme source d’énergie pour fixer du carbone et produire de la matière organique.
Une équipe menée par des chercheurs basés pour la plupart au Max Planck Institute, en collaboration avec des chercheurs du CNRS et du CEA-Genoscope en France et de l’Université de Harvard aux États-Unis, a exploré, à 3 200 mètres de profondeur, le site de sources hydrothermales de Logatchev, situé à 14? de latitude Nord de la dorsale Medio-atlantique, grande zone d’expansion du plancher océanique qui court tout au long du milieu de l’Altantique.

Trente neuf millions de litre d’hydrogène en un an

Sur le site Logatchev, l’hydrogène est émis en abondance dans les fluides hydrothermaux. Les bancs de moules consomment une proportion importante d’hydrogène, diminuant les flux de ce gaz dans l’océan profond de 45 à 50%. Pour le site qui réunit de 250 000 à un demi million de moules la consommation serait de 4 460 litres d’hydrogène par heure soit une consommation de 39 millions de litres d’hydrogène par an.
Une équipe du laboratoire Génomique métabolique (CNRS/CEA-Genoscope/Université d’Evry Val Essonne) a participé à l’identification du gène clé de la transformation chimique de l’hydrogène. Ce gène est aussi présent chez les bactéries de nombreux autres organismes hydrothermaux comme des vers et des crevettes. Ces résultats ouvrent des perspectives intéressantes car l’utilisation de l’hydrogène par ces bactéries est plus simple et plus productive en énergie (de 7 à 18 fois) que les autres sources (méthane et hydrogène sulfuré).

michel.deprost@enviscope.com

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