Rhône

Bâtiments : le plan de relance soutient la rénovation énergétique, pas la construction

Les entreprises du BTP du Rhône trouvent positives les mesures en faveur de la rénovation énergétique, mais constatent le blocage du marché de la construction. L’épidémie et les élections locales ont retardé la gestion des projets, mais sur la Métropole de Lyon, le foncier manque et les prix des terrains sont trop élevés.

La Fédération du bâtiment déplore que le plan de relance ne prévoie « rien ou presque sur la construction de logement neuf, qui souffrait déjà avant l’épidémie de Covid-19, plus particulièrement dans la Métropole de Lyon où les terrains sont rares et chers. » ©Romainbehar / CC0

Le secteur du bâtiment salue, par la voix de la Fédération du Rhône, les mesures en faveur de la rénovation énergétique, ouvertes à des secteurs plus large. Mais les élections et la pandémie ont retardé des mises en chantier et les entreprises du bâtiment craignent un “trou d’air” avec des conséquences sur l’emploi.

« Le soutien annoncé par le gouvernement dans le plan de relance ne porte hélas pas sur les segments de marché qui auraient le plus d’effets positifs pour les entreprises de notre territoire, regrette Samuel Minot, président de la Fédération BTP Rhône et Métropole. Nous attendons désormais une mobilisation sans précédent des collectivités territoriales sur l’investissement local. À ce titre, nous actons les intentions affichées par les nouveaux exécutifs d’accélérer la mise en œuvre de projets à travers les budgets annoncés et leurs volontés d’accélérer la mise en œuvre des investissements. Cependant, certaines de nos entreprises envisagent déjà de recourir à l’activité partielle. Pour ne pas dégrader l’emploi, les entrepreneurs doivent pouvoir compter sur l’adoption concrète de projets d’investissement (PPI et plans de mandats, nouveaux projets de construction de toute nature…). Cela leur permettra d’embaucher. Dans nos métiers, l’activité, c’est de l’emploi sur le territoire. Nos entreprises sont prêtes à relever le défi. »

Pas de visibilité à court terme

Si le président de la Métropole et du Sytral, Bruno Bernard, s’est engagé publiquement à augmenter les investissements, les contraintes de mise en œuvre de la programmation pluriannuelle d’investissement (PPI) ne permettront pas aux entreprises d’acquérir à court terme la visibilité dont elles ont besoin immédiatement.

Le plan de relance de l’État arrive à point nommé mais souffre selon la Fédération du Bâtiment, de lacunes pour l’activité. « Il met par exemple l’accent sur la rénovation énergétique des logements avec l’ouverture de MaPrimeRénov’ à l’ensemble des ménages mais aussi aux bailleurs privés et aux copropriétés, ce que nous saluons. Les bâtiments publics – écoles, hôpitaux – et les EHPAD pourront aussi profiter des aides de l’État pour être rénovés. Les bâtiments des PME, TPE et indépendants aussi. »

Des terrains rares et chers dans la Métropole

La Fédération du bâtiment déplore que le plan de relance ne prévoie « rien ou presque sur la construction de logement neuf, qui souffrait déjà avant l’épidémie de Covid-19, plus particulièrement dans la Métropole de Lyon où les terrains sont rares et chers. À l’adoption tardive du PLU-H est venu s’ajouter l’arrêt de l’instruction des permis de construire pendant le confinement. »

Nombreux sont alors les promoteurs privés qui, selon la Fédération du Bâtiment, diffèrent ou renoncent à sortir de nouveaux projets, faute de foncier et d’autorisations. Seule, selon la Fédération, « la perspective de nouveaux projets de toute nature et de toute taille serait susceptible d’inciter les entreprises à conserver leurs effectifs dans l’attente d’une reprise de l’activité. Sans cette visibilité, urgente à mettre en place, le risque serait de voir les entreprises adapter leur outil de production et ne plus être en mesure, le jour venu, de faire face à la demande. »

VOIR AUSSI