Biodiversité : Des espèces parmi’Lyon veut diagnostiquer le potentiel écologique des rues

L’association naturaliste lyonnaise développe un projet d’Indice du potentiel écologique des rues pour promouvoir la nature en ville. Le projet, retenu dans le cadre de l’appel à projet “Mon projet pour la planète” lancé par le ministère de la Transition écologique et solidaire, s’est classé 23e au niveau national au terme des votes, et a donc toutes les chances d’obtenir un financement de l’Etat.

Pour que les rues ne soient plus seulement considérées comme des voies de circulation entre deux points, mais aussi comme des écosystèmes linéaires, lieux de vie agréables et multifonctionnels, l’association Des espèces parmi’Lyon (DEPL) propose la création d’un Indice de potentiel écologique des rues (IPER).

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Un outil d’aménagement du territoire

Il s’agit d’un programme de sciences participatives visant le développement d’une application, pour, dans un premier temps, évaluer la valeur écologique, mais aussi le caractère agréable et l’aspect sanitaire des rues en ville, et dans un second temps, servir de base à l’élaboration de plans de gestion concertés avec les collectivités et créés par les citoyens, pour les citoyens. L’IPER pourrait ainsi se positionner comme un outil d’aménagement du territoire adapté à toutes les échelles pour l’homme et la nature en ville.

« Les rues sont peu étudiées par les écologues ; leur gestion est encore souvent réalisée exclusivement en fonction de la circulation des véhicules, et la nature est plutôt perçue par les gestionnaires comme une corvée d’entretien et un coût supplémentaire, voire un élément insalubre du paysage urbain, soulignent Quentin Brunelle et Victorine de Lachaise, co-fondateurs de l’association. A travers ce projet, nous aspirons à ce que nos rues deviennent un lieu de vie agréable et multifonctionnel sur lequel on se déplace, on partage, on rencontre, on observe, on cultive, on respire. Dans cette optique, il est nécessaire d’entreprendre ensemble un diagnostic écologique des rues de nos quartiers, duquel découleraient des mesures de gestion concertées. »

Le diagnostic envisagé s’appuie sur la disponibilité en niches écologiques, induites par l’aménagement et la gestion de l’espace urbain, mais également sur la présence d’espèces jugées patrimoniales ou bioindicatrices. De plus, il évalue la “teneur” en nature des rues, et renseigne ainsi sur l’attrait qu’elles représentent pour l’homme.

En phase de test

Une phase test se déroulera du mois de juin au mois de novembre 2019 dans les communes de Tassin la Demi-Lune, le 1er et le 9e arrondissement de Lyon. Mais outre les communes, le projet implique leurs habitants, les conseils de quartier et les Maisons de la Jeunesse et de la Culture, ainsi que l’Institut de l’Environnement et des Technologies (IET), et les associations Arthropologia et Mieux-vivre à Tassin.« Cela commencera par un inventaire participatif de la biodiversité des rues en vue de constituer la base de référence, à l’occasion d’animations auxquelles les habitants sont conviés, précise Victorine de Lachaise. Une restitution aura lieu en novembre à la suite de quoi nous passerons au développement de l’application.  Celle-ci, très ludique, permettra aux participants d’évaluer leur rue dans son aspect social et écologique selon des critères simples, et de faire des propositions d’amélioration» Les renseignements obtenus permettront de donner une note à la rue qui, rapportée à l’association et aux collectivités, permettra à celles-ci de proposer des mesures de gestion pour l’améliorer, en tenant compte des propositions de l’ensemble des parties prenantes. « Par la suite, l’appui de la ville de Lyon et de la Métropole permettra au projet de se développer à l’échelle Métropolitaine. Nous souhaitons aussi travailler avec le Muséum d’Histoire Naturelle pour le développement national du projet, porté par les associations locales et les acteurs gestionnaires. » 

 

 

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