Bioéconomie

Le biogaz, avenir possible pour l’agriculture

Le biométhane extrait du biogaz pourrait être un nouveau débouché pour le secteur de l’agriculture. C’est une des conclusions de la rencontre organisée récemment à Villeurbanne par l’Association Française du Gaz du Centre Est.

L’agriculture productrice de biomasse pour des usages alimentaires, pourrait développer des usages de la biomasse tournés vers d’autres débouchés, production de nouvelles matières biosourcées ( plastiques). Elle pourrait se tourner vers la production d’énergie parallèlement à la production d’énergie solaire à partir de panneaux photovoltaïques installés sur toitures.

Le secteur agricole dispose de 800 000 hectares de toitures en France, et même si toutes ces toitures ne sont pas idéalement orientées, le potentiel est important, rappelle Daniel Martin, vice-président de la Chambre d’Agriculture de l’Ain, producteur de maïs à BLYES ( Ain). “ Mais nous ne voulons pas de centrales photovoltaïques au sol, qui mobilisent des surfaces cultivables.

La biomasse méthanisable, elle est un déchet fatal de la production agricole. Elle est déjà valorisée sous forme de fertilisants laissés sur le sol, sous forme de paille entrant dans la production du fumier. La méthanisation en digesteur permet de capter des gaz à effet de serre qui s’échappent dans l’atmosphère s’ils ne sont pas captés et stockés. La méthanisation est positive pour la lutte contre l’accentuation de l’effet de serre.

Maitriser la ressource

L’investissement dans un méthaniseur impose que soient remplies plusieurs conditions. Il faut assurer une ressource adaptée  à la taille de l’installation et aux besoins en énergie. Les besoins peuvent être ceux de l’exploitation agricole, mais il peut être difficile d’avoir des besoins constants à la hauteur de la production de gaz.
L’injection dans un réseau peut être indispensable. Il faut que le réseau de distribution ( basse pression) ne soit pas trop éloigné. C’est dans la boucle basse pression que le méthane doit être consommé, il est en effet impossible d’envisager de compresser de petites quantités de gaz.

Modèle économique

La production par l’agriculture présente plusieurs avantages. Elle permet à l’agriculture de s’affranchir d’un approvionnement énergétique onéreux. L’utilisation d’énergie par l’agriculture est considérable, par exemple pour le séchage des céréales.

La production d’énergie génère de recettes nouvelles. Ajoutée à l’énergie solaire, éventuellement à du bois déchiqueté, la recette énergétique peut atteindre des niveaux importants.

Le développement d’une agriculture énergétique ne doit pas être envisagé sans tenir compte de nouveaux équilibres. Les équilibres environnementaux  ( biodiversité, énergie, carbone ) sont  à respecter. Il faut respecter les équilibres économiques et sociaux: éviter des déséqulibres de prix, des bulles.

L’approche d’une production décentralisée d’énergie doit être envisagée au niveau de Territoires à Energie Positive, les TEPOS. C’est toute une conception de l’aménagement du territoire, donc des ressources en particulier énergétique qui est en cause. Un chantier sur lequel  se penche GDFSuez  et sur lequel travaille la Région Rhône-Alpes.

michel.deprost@enviscope.com

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