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Certaines forêts sont très efficaces pour stocker le carbone

En capturant du carbone, les forêts atténuent les effets des émissions de dioxyde de carbone. Des scientifiques ont défini quels types de forêt peuvent stocker le plus de carbone et dans quelles conditions.

Les résultats de l’étude de l’Unige, publiée dans Nature Communications, offrent des pistes concrètes pour définir des stratégies d’atténuation du changement climatique centrées sur la nature en utilisant les forêts et leur séquestration de carbone pour atteindre, par exemple, les objectifs climatiques de l’accord de Paris. ©B.Mortgat

Une équipe de chercheurs internationale pilotée par l’université de Genève (Unige) a étudié quels types de forêt, en termes de biodiversité, sont les plus efficaces pour stocker le carbone.

Le réchauffement climatique met les forêts à rude épreuve en raison de températures annuelles moyennes plus élevées, de sécheresses plus longues et de phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents. Malgré ce stress, les forêts jouent pourtant un rôle positif pour l’atténuation du changement climatique. Les forêts piègent et stockent le dioxyde de carbone (CO2) de l’atmosphère et le convertissent en carbone lors de la photosynthèse. Le carbone est stocké sous forme de bois et de végétation.

Selon des recherches menées ces dernières années, la diversité des espèces permet un empilement plus dense et un cloisonnement de niche favorisant l’abondance des arbres au sein d’une forêt. Cette abondance accroît la capacité de stockage du carbone.

Une autre hypothèse suggère que ce n’est pas la diversité qui permet l’abondance des arbres, mais la disponibilité en substrat énergétique. Les zones les plus riches en énergie permettent à un plus grand nombre d’arbres de prospérer par unité de surface et donc d’augmenter la recapture du carbone.

Analyses des forêts des cinq continents

L’équipe internationale de chercheurs emmenée par Jaime Madrigal-Gonzalez, collaborateur scientifique à l’Institut des sciences de l’environnement (ISE) de l’université de Genève, a voulu déterminer l’hypothèse la plus pertinente.

La question a été abordée à l’aide d’inventaires en provenance de forêts naturelles des cinq continents. D’après les résultats de l’étude, cette relation entre diversité des espèces et capacité de stockage de carbone ne semble prévaloir que dans les régions forestières les plus productives, essentiellement les forêts équatoriales et tropicales humides, et certaines forêts tempérées, dans des régions où la déforestation et les incendies de forêt provoqués par l’homme ont récemment ravagé des environnements sauvages.

Dans les forêts des régions les plus froides ou les plus sèches c’est apparemment l’abondance de substrat énergétique et non la diversité des arbres qui favorise la productivité.

Les résultats de l’étude, publiée dans Nature Communications, offrent des pistes concrètes pour définir des stratégies d’atténuation du changement climatique centrées sur la nature en utilisant les forêts et leur séquestration de carbone pour atteindre, par exemple, les objectifs climatiques de l’accord de Paris. « L’augmentation du stress climatique dans les forêts les plus productives de la planète pourrait faire disparaître le rôle important de la biodiversité dans la lutte contre le changement climatique », conclut le Professeur Markus Stoffel, de l’Institut des sciences de l’environnement de l’Unige.

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