Énergie

CIPRA lance un appel pour l’autosuffisance énergétique des Alpes

La Commission Internationale pour la Protection des Alpes CIPRA estime que les questions énergétiques ne sont pas en voie d’être réglées. « Le sommet international sur le climat qui se tiendra au Mexique fin novembre ne fera que débattre des grandes lignes d’un accord pour la réduction des gaz à effet de serre. Les États se perdent en tergiversations au lieu de se fixer des objectifs contraignants. Pendant ce temps, les températures continuent de grimper. »
Dans son étude cc.alps. la CIPRA rappelle que les Alpes sont particulièrement touchées par le changement climatique. La CIPRA note aussi que de plus en plus de territoires alpins s’engagent sur la voie de l’autosuffisance énergétique. Le parlement
régional du Land autrichien du Vorarlberg a décidé que la région devait devenir autosuffisante en énergie d’ici à 2050. La ville de Bolzano vise la neutralité climatique d’ici à 2030.
Ces projets ont comme objectifs la couverture des besoins en utilisant des sources d’énergie renouvelables locales, les économies d’énergie et l’utilisation efficace de l’énergie. La CIPRA estime ” qu’un territoire qui suit résolument ce chemin vers l’autosuffisance transforme complètement son visage et ses structures au profit de sa propre économie, de la société et de
l’environnement. »
La CIPRA fixe comme objectif que les Alpes doivent atteindre l’autosuffisance énergétique d’ici 2050 en respectant la nature. La plupart des territoires qui aspirent à l’autosuffisance énergétique se réfèrent à la soutenabilité dans ses trois dimensions : écologique, économique et socio-culturelle. La plupart du temps, toutefois, les aspects économiques et sociaux ont tendance à prédominer, tandis que l’écologie est plutôt traitée en parent pauvre. Les centrales hydrauliques qui affectent l’équilibre écologique d’un cours d’eau, ou l’exploitation excessive du bois qui engendre des forêts monotones et pauvres en espèces en sont deux exemples. Un territoire ne peut être qualifié de « soutenable » que si la protection de la nature et des paysages est suffisamment prise en considération. La mobilité, l’aménagement du territoire et les bâtiments jouent ici un rôle central. La reconversion des territoires nécessite également une bonne « gouvernance climatique » : les groupes
d’intérêt et la population doivent être impliqués dans les décisions et dans leur mise en oeuvre.

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