Environnement

Cluster Rhone-Alpes Eco-Energies : La qualité du bâtiment doit être globale

Une enquête auprès de 50 des quelque deux cents adhérents du Cluster Rhône-Alpes Eco-Energies, confirme la difficulté d’élargir le marché de la transition  énergétique.

La loi sur la Transition énergétique pour la Croissance Verte ne suffit pas. La massification du marché de la performance énergétique n’arrive pas. C’est la conclusion d’une enquête menée auprès de 50 de ses adhérents par le Cluster Rhône-Alpes Eco-Energies.

Le Cluster réunit des entreprises performantes, volontaristes, innovantes. Il a déployé avec elles des actions nouvelles : groupements d’entreprises, formation, travail sur la qualité. Cela ne suffit pas à faire décoller le marché. Un marché qui est compliqué du fait de la conjoncture économique et des limites de pouvoir d’achat. Un marché qui est compliqué du fait de mesures réglementaires ou fiscales parfois complexes. La baisse du prix de l’énergie constatées depuis deux ans remet en cause les discours alarmistes tenus depuis des années sur l’explosion inexorvle des prix de l’énergie.

Pour 80 % des adhérents du Cluster interrogés, le marché de la performance énergétique n’est pas mature, et il n’est pas à la hauteur des objectifs gouvernementaux français et même européens. C’est le sentiment global d’un échantillon composé à 45 % de bureaux d’études, à 22 % de concepteurs et de fabricants, à hauteur de 12 % par des entreprises de mise en œuvre et à hauteur de 10 % par des groupements d’entreprises.

Ces entreprises (pour les deux tiers ayant moins de 5 salariés) sont actives dans la Région, mais vont aussi à l’international. Elles ont des marchés à 40 % dans le secteur de la rénovation, à 36 dans le secteur du neuf.

Il est donc capital pour les entreprises des écoénergies, de l’écobâtiment d’adapter leur argumentaire pour convaincre les consommateurs de décider des investissements. L’argument climatique ne suffisant pas, il faut insister auprès des maîtres d’ouvrages sur l’importance du confort apporté, été comme hiver, par une meilleure isolation, qui ne doit pas transformer les locaux en cocotte minute dangereusement étanche. Il faut inclure les notions d’entretien du patrimoine, de valorisation, ne pas parler seulement de retour sur investissement.

Mais pour les adhérents du Cluster, au-delà des aléas de court terme sur le marché de l’énergie,  l’avenir de la filière bâtiment passera forcément par la performance énergétique. Ils constatent d’ailleurs  “un changement de mentalités de leurs clients qui posent de plus en plus de questions sur la performance globale en matière de confort, de santé, de qualité de l’air intérieur”, rappelle Sylvain Braine, président du Cluster. Ce dernier a d’ailleurs organisé pour ses adhérents une réunion sur la qualité de l’air intérieure. La qualité du bâtiment est une qualité globale…

michel.deprost@enviscope.com

 

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