Mobilité

Le consortium Mobilité Hydrogène France veut lancer la filière

Alors que la mobilité électrique est poussée en France par divers acteurs producteurs d’électricité, la filière hydrogène peine à démarrer dans l’Hexagone. Les expériences de distribution, de déploiement de parcs,  se développent au Japon, en Europe du Nord, en Allemagne, alors que la filière française hydrogène est plutôt bloquée notamment pour des raisons réglementaires. Les acteurs sont pourtant nombreux, et comptet des grands groupes (Air Liquide) comme des entreprises innovantes (Symbiocell, Mac Phy Energy)

 Or, l’hydrogène et les piles à combustible pourraient accroître le potentiel de développement du marché des véhicules électriques tout en participant à la valorisation des capacités de production d’énergies renouvelables décentralisée. Produit par électrolyse de l’eau, mais aussi par d’autres procédés, l’hydrogène est un mode de stockage de l’énergie électrique  propre et efficace. Alors que les batteries classiques pèsent lourd, et font appel à des matériaux rares et polluants, le stockage de l’hydrogène est propre et léger. L’hydrogène est parfaitement complément d’une chaîne d’énergie propre et réversible.

Pour le transport routier aussi

Les véhicules électriques à technologies batterie et/ou pile à hydrogène, personnels, collectifs ou utilitaires, constituent une solution attractive et durable qui permet de réduire à zéro les émissions locales de CO2 et de particules polluantes. La mobilité hydrogène permet de diminuer les nuisances sonores.

Pour les véhicules de transport routier de marchandises ou de personnes,  la solution hydrogène et pile à combustible est un complément à la solution batterie seule, en cours de démarrage en France. En effet, l’une des limites de la batterie électrique est sa faible capacité de stockage qui limite considérablement l’autonomie. Difficile d’imaginer actuellement des véhicules électriques ayant une autonomie de plus de 100 kilomètres. Aujourd’hui, le véhicule électrique utilitaire a pour horizon l’espace urbain.

 Un vecteur large

 
L’hydrogène est donc un vecteur large d’énergie pour la mobilité. C’est la vision des vingt partenaires du consortium « Mobilité Hydrogène France » ( 1) , associés pour produire   “un plan de déploiement chiffré, économiquement compétitif et étayé,”  d’une infrastructure privée et publique d’hydrogène sur la période 2015 – 2030.

 Le consortium regroupe des acteurs privés et publics, régionaux, nationaux et internationaux, fédérés par l’Association Française de la filière (AFHyPaC). Il mènèra sous l’égide du Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie sur la base de données partagées, des scénarios de déploiements synchronisés de véhicules et de stations hydrogène, en faisant apparaître les bénéfices et les coûts de cette transition. Les résultats obtenus seront publiés fin 2013.

Une logique européenne

 

La démarche s’inscrit dans la continuité des initiatives « H2 Mobility » en Allemagne et Grande-Bretagne, entre autres. Elle  est financée par les  membres du consortium et par l’Union Européenne dans le cadre du projet HIT (Hydrogen Infrastructure for Transport). Elle se met en place alors qu’un projet de Directive Européenne, visant à favoriser l’usage de carburants alternatifs comme l’électricité et l’hydrogène, est examiné en ce moment par le Parlement et le Conseil européens.

« Cette étude française va apporter une vision globale du marché et de l’opportunité de l’électro-mobilité hydrogène à l’horizon 2030 ; mais surtout, elle comprend un volet spécifique sur la phase de démarrage du marché à partir de 2014. Nous pensons qu’un démarrage qui passe par les flottes captives et la livraison urbaine zéro émission est la bonne stratégie », déclare Fabio Ferrari, PDG de Symbio FCell, entreprise iséroise (2) qui propose d’ores et déjà des solutions de mobilité hydrogène.  « Cette approche unique et très pragmatique renforce notre stratégie de prolongateurs d’autonomie pour véhicules utilitaires. Nous apporterons au consortium toute notre expertise de nature à accélérer le déploiement d’une mobilité propre, non polluante et sans CO2. »

1) Consortium Mobilité Hydrogène France
L’initiative « Mobilité Hydrogène France » regroupe actuellement les acteurs suivants : Air Liquide, Alphéa Hydrogène, AREVA, CEA, CETH2, EDF, GDF SUEZ, GRTgaz, IFPEN, INEVA-CNRT, Intelligent Energy, ITM Power, Linde, Michelin, McPhy Energy, Pôle Véhicule du Futur, PHyRENEES, Solvay, Symbio FCell, Tenerrdis, WH2, avec la participation d’experts du FCH-JU, de l’ADEME, du Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP) et de la Direction Générale Énergie et Climat (DGEC).

2 ) À propos de SymbioFCell : SymbioFCell est une société française spécialisée dans la conception et l’industrialisation de systèmes piles à hydrogène, notamment en partenariat avec le CEA. Assembleur, développeur et intégrateur, SymbioFCell s’adresse à tous les segments de marchés susceptibles d’utiliser cette technologie dans une large gamme de puissance, de 5 à plus de 300 kW, principalement dans le domaine des transports. Ces solutions innovantes permettent notamment d’accroître de plusieurs centaines de kilomètres l’autonomie des véhicules électriques.
 

 

 

VOIR AUSSI