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Le chantier gigantesque d’Aquapole dans sa dernière étape

Avec le positionnement ce 18 novembre 2014, de la coiffe mobile du 2e digesteur, deux ans de travaux considérables de confortement et d’amélioration des installations, s’achèvent sur le site d’Aquapole, la station d’épuration de la métropole grenobloise.

On sait méthaniser depuis longtemps. « Il existe de nombreuses installations de moyenne taille un peu partout. Ce qui est nouveau, c’est que l’on peut valoriser le biométhane ainsi obtenu en l’injectant dans le réseau. Un verrou réglementaire a sauté en juin dernier autorisant maintenant les matières issues du traitement des eaux usées », explique Emeric Leclerc, directeur d’Aquapole.

C’est donc cette solution qu’a adoptée la Régie d’assainissement de la Métro par l’installation de deux digesteurs, le premier de 9 000 m3 et le second de 5 000 m3.

Ils sont reliés entre eux et la pression du gaz produit à l’intérieur est gérée par une énorme cloche mobile en acier de 120 tonnes et 25 m de diamètre. Celle-ci, après quelques déboires dus à son poids et son encombrement, a finalement été positionnée mardi 18 novembre dernier sur le 2e digesteur.

Les équipes d’Aquapole vont désormais pouvoir procéder aux premiers tests de chargement et démarrer la méthanisation. Le biogaz ainsi produit, pourra alors évidemment être utilisé localement pour entretenir la température de l’installation (37°C) et chauffer les locaux. Ce qui est intéressant, c’est que débarrassé du CO2 et des impuretés qu’il contenait, le biométhane en surplus va pouvoir être valorisé.

[Infographie La Métro]
[Infographie La Métro]

La Métro a conclu pour ce faire un contrat avec GEG, qui construit actuellement une unité d’épuration et de valorisation, qui permettra l’injection directement sur le réseau de gaz.

Des travaux en 3 étapes

La méthanisation constituait la 3e phase des très importants travaux engagés par la Régie d’assainissement de la Métro a depuis 2012.

Il s’agissait d’abord de diminuer fortement les odeurs provenant de la station située en bordure de l’Isère sur la commune du Fontanil. 300 heures par an environ, des odeurs résiduelles issues de la station d’épuration se faisaient ressentir le matin et le soir, essentiellement sur un axe nord-sud (autoroute A48), selon les vents dominants.

En couvrant les équipements extérieurs de la station d’épuration, les heures de nuisances olfactives ont ainsi été divisées par 15, soit à peine 20 h/an.

Le deuxième chantier était celui de la dénitrification. Tout en augmentant la capacité de traitement d’Aquapole, un procédé de nitrification va été mis en place afin d’éliminer les polluants dissous dans les eaux et notamment l’azote. Sous l’action de bactéries, les polluants sont transformés et récupérés sous forme de boues. De ce fait, l’eau débarrassée de ces polluants rejetée dans l’Isère est de meilleure qualité.

L’ensemble des travaux représente une enveloppe de 48 millions d’euros.

antoine.reboul@enviscope.com

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