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EnerBee, générateur d’énergie par le mouvement primé au concours i-Lab

Jérôme Delamare, enseignant-chercheur à Grenoble INP – Ense3 et chercheur au G2Elab, a reçu le Prix spécial du jury «création-développement » au concours i-Lab du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le 1er juillet 2014.

Cette distinction, qui récompense « des projets particulièrement prometteurs et innovants, susceptibles de relever les défis de l’agenda stratégique France Europe 2020 », lui a été attribuée pour la start-up qu’il a créée avec Pierre Coulombeau et Thibault Ricart : EnerBee. Cette dernière est spécialisée dans l’alimentation à partir du mouvement des objets connectés sans fil et sans pile.

Une méthode de récupération d’énergie unique

EnerBee développe des générateurs d’énergie issue du mouvement. Grâce à l’association unique du magnétisme et la technologie piézoélectrique, les capteurs d’EnerBee sont capables de générer de l’énergie électrique à partir des mouvements qu’ils détectent, et ce, que ceux-ci soient ultra-lents ou rapides, d’une amplitude allant de translations de quelques millimètres à des rotations continues, et même à travers des cloisons !
Les générateurs d’EnerBee produisent ainsi l’énergie nécessaire aux objets connectés pour les rendre autonomes. « Pour résumer, le générateur EnerBee remplace la pile et/ou la batterie et élimine par conséquent la nécessité de changement de pile ou de recharge périodique » explique Jérôme Delamare.

Cette technologie, protégée par cinq brevets (dont deux Grenoble INP et trois communs avec le CEA et le CNRS), intéresse de nombreux industriels dans des domaines variés, comme l’aéronautique, la domotique, le contrôle d’accès, ou les compteurs d’eau et de gaz intelligents. « Nous avons par exemple travaillé avec la société SKF, qui fabrique des roulements à bille. Nos générateurs pourront à l’avenir équiper leurs roulements, afin d’analyser les mouvements de ces derniers dans l’idée de faire de la maintenance prédictive » indique l’entrepreneur.
Actuellement, nous travaillons sur un projet visant à équiper des compteurs à gaz. L’idée est ici de positionner un capteur autonome sur le système en mouvement qui sert aujourd’hui à faire tourner l’afficheur du compteur, afin de transmettre à distance une information de consommation. » La start-up a déjà réalisé un démonstrateur pour son partenaire industriel et projette d’en produire une centaine d’ici l’automne pour faire de la prospection commerciale.

EnerBee travaille en parallèle sur la réduction des dimensions de ces générateurs afin d’élargir le champ des applications possibles. La puissance d’énergie générée par la technologie d’EnerBee intéresse par exemple le marché des produits dit « wearable » : montres, bracelets, lunettes et vêtements connectés. Elle espère, à terme, pouvoir remplacer les piles et les batteries dans les objets connectés industriels et grand-public.

Trois ans de recherche

Les résultats obtenus par EnerBee sont le fruit de plus de trois années de recherches menées par une équipe mixte du G2Elab (Jérôme Delamare / Grenoble INP – Ense3, Orphée Cugat / CNRS, Leticia Gimeno / UJF) et du CEA-Leti (Bernard Viala).
Lancée en 2014, la start-up EnerBee a reçu le soutien de Gravit pour créer l’entreprise et accélérer le transfert de technologie. Elle a également été soutenue par la filiale de valorisation de Grenoble INP, INPG Entreprise SA.
EnerBee avait déjà été primée au Trophée des Objets Connectés en juin 2014, avec le prix de la maîtrise de l’énergie et de l’environnement – transport & mobilité et le prix spécial de l’innovation responsable.
En pleine croissance, EnerBee emploie aujourd’hui neuf personnes, dont cinq jeunes ingénieurs de Grenoble INP.

 

Découvrir EnerBee en vidéo : http://youtu.be/znW6PCmZUr4

 

Cinq Grands Prix pour récompenser des projets particulièrement prometteurs et innovants

Le concours national i-Lab d’aide à la création d’entreprises innovantes du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (anciennement Concours national d’aide à la création d’entreprises innovantes) a pour but de valoriser et d’encourager l’esprit d’entrepreneuriat et mieux accompagner le développement des start-ups de technologies innovantes.

Parmi les 221 lauréats du concours, cinq « Grands Prix » en catégorie « création-développement » ont été créés pour récompenser les projets les plus prometteurs et les plus innovants. EnerBee fait partie des cinq Grands Prix, qui s’inscrivent aussi dans l’un des 10 grands défis sociétaux définis par l’Agenda stratégique France Europe 2020 du MENESR : gestion sobre des ressources et adaptation au changement climatique, énergie, propre, sûre et efficace, renouveau industriel, santé et bien-être, sécurité alimentaire et défi démographique, mobilité et systèmes urbains durables, société de l’information et de la communication, sociétés innovantes, intégrantes et adaptatives, liberté et sécurité de l’Europe, de ses citoyens et de ses résidents et une ambition spatiale pour l’Europe.

Deux autres projets issus des laboratoires de Grenoble INP ont également été lauréats du concours i-LAB cette année : InoFib, projet porté par Karim Missoum au sein du LGP2 sur la commercialisation à l’échelle industrielle de microfibrilles de cellulose, a été distingué dans la catégorie « création-développement ». Quant à Yannick Molmeret, qui travaille dans l’équipe ELSA du LEMPI, il a reçu un prix dans la catégorie « émergence » pour son projet Sepcell, qui ambitionne de développer des séparateurs de batterie lithium-ion en fibres de celluloses (par exemple celles d’InoFib !). Il devrait créer sa start-up début 2015.

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