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De multiples actions pro environnement à l’actif du Réseau Patrimoine Naturel de l’Isère

La Frapna Isère et ses 11 associations membres ne chôment pas, c’est le moins qu’on puisse dire. Elles viennent de l’exprimer dans un séminaire rappelant les grands principes sur lesquels elles se retrouvent, ainsi que les nombreuses actions qu’elles mettent en œuvre pour la préservation de l’environnement local.

Saint-Aupre, petite commune du PNR de Chartreuse accueillait le 29 juin dernier le séminaire du Réseau Patrimoines Naturels.
Saint-Aupre, petite commune du PNR de Chartreuse accueillait le 29 juin dernier le séminaire du Réseau Patrimoine Naturel. Saint-Aupre, où l’association Le Pic Vert, s’est proposée de restaurer avec le soutien du Pays voironnais, les anciens lagunages. [Photo Enviscope]

Naturalistes, responsables d’associations, élus locaux, spécialistes de la faune, de la flore, ils sont tous venus participer à cette journée-séminaire du Réseau Patrimoine Naturel, qui avait lieu ce lundi 29 juin.

Pour les représentants de la Frapna, il s’agit d’abord de réaffirmer les grandes directions sur lesquelles se concentrent la plupart des actions. C’est ainsi que Nicolas Gourdin, directeur de la Frapna Isère, décline les quatre axes stratégiques issus des propositions de l’Union régionale :

Augmenter les connaissances. A l’évidence pour pouvoir agir, il faut savoir, inventorier, connaitre et à l’heure du numérique, cela passe par la constitution de bases de données. La LPO, par exemple en est à la 3e rédaction de sa Liste rouge des espèces les plus menacées. Lo Parvi, sur le plateau de l’Isle Crémieu, vient de réaliser un gros travail d’inventaire des petits cours d’eau, dits “orphelins” parce que personne ne s’en occupe et dont certaines portions ne figurent même pas sur les cartes IGN.

Etendre les surfaces protégées. C’est l’exemple des tourbières. En cas de disparition, leur reconstitution par génie écologique est impossible. A la demande de la Frapna, elles font donc progressivement depuis 2005 en Isère, l’objet d’Arrêtés Préfectoraux de Protection des Biotopes (9 APPB en Matheysine et 14 dans l’Oisans, en cours dans Belledonne).

Conserver la naturalité des espaces. Il s’agit des vieilles forêts, que l’on veut laisser évoluer de façon naturelle[1], il s’agit de préserver la naturalité des cours d’eau ou d’arrêter certaines activités illégales, la pratique de la moto-neige hors des espaces réglementés.

Freiner l’étalement urbain. Là aussi les actions sont multiples, s’assurer du fonctionnement des trames vertes et bleues, en particulier dans le corridor Belledonne-Chartreuse, permettre le franchissement des linéaires (passage faune de l’A48 à La Buisse) ou réduire la pollution lumineuse.

Une multitude d’actions locales

A l'image de cette action sur le fauchage raisonné, initiée par Gentiana en 2002, les naturalistes expliquent qu'il faut gérer autant que nécessaire, mais aussi peut que possible.
A l’image de cette action sur le fauchage raisonné, initiée en 2002, les naturalistes de Gentiana expliquent qu’il faut “gérer autant que nécessaire, mais aussi peu que possible”. [Photo Enviscope]

Tour à tour, chaque association vient rendre compte des principales actions sur lesquelles elle est engagée.

Le groupe viennois Sympetrum agit pour la protection des odonates (libellules), Gentiana, la société botanique iséroise, travaille à l’édition d’un 3e guide comportant 32 fiches techniques sur la gestion des espaces communaux.

Pour Jean-François Noblet, animateur du Pic Vert à Réaumont, son engagement de longue date pour l’environnement se concentre sur les milieux dégradés. Le Pic Vert a comme cela restauré plusieurs espaces entre le grand Ratz et la plaine de la Bièvre, par la création de mares, de haies, de nichoirs naturels, ainsi que de cabanes d’observation des espèces, montrant ainsi que « la destruction de la nature n’est pas inéluctable ».

Que ce soit Nature Vivante à Vienne, Espace Nature Isère à l’Albenc (exemple de la carrière Fromant), L’Apie à Villefontaine ou Drac nature à La Mure, il s’agit chaque fois d’agir localement pour faire avancer la connaissance et préserver l’environnement.

Non seulement la destruction de la nature n’est pas inéluctable, mais comme l’explique Raphaël Quesada, directeur de Lo Parvi, « l’essentiel de cette destruction est liée à la méconnaissance, la casse délibérée est marginale ».

Cela étant il s’accorde avec Francis Meneu, récent président de la Frapna Isère, pour insister sur la force que représentent les associations, en lien étroit avec les élus, les services de l’Etat, du Département ou de la Chambre d’Agriculture, comme en témoignent plusieurs interventions dans la salle, dont celles de Frédéric Dalvai, Michèle Bonneton ou Françoise Soullier, respectivement coordinateur Biodiversité au CD38, députée de l’Isère et présidente des Jeunes Agriculteurs du département.

A une période où les budgets sont contraints, ces associations grâce notamment à leurs bénévoles, sont présentes sur terrain et anticipent les problèmes d’atteinte à l’environnement. « La reconnaissance du travail effectué vient quand les autres s’approprient nos idées. C’est alors que c’est gagné » ajoute encore le responsable de Lo Parvi.

 

antoine.reboul@enviscope.com

 

[1] La Frapna, explique Hélène Foglar, face à la pression notamment exercée dans le domaine du bois énergie a lancé en partenariat avec Refora, l’ONF et l’Irstea, un inventaire des vieilles forêts qui démarre par le Trièves. La Frapna étudie également la création d’un ENS Vieille Forêt et projette le lancement d’un site sentinelle, où l’on pourra signaler les défrichements sauvages. Le Conseil départemental a acheté 50 ha de forêt en Nord-Isère, pour permettre à la nature d’évoluer librement.

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