Agriculture durable

Ambroisie: Alain Moyne-Bressand demande pourquoi les projets de loi ne sont pas examinés

Telle est la question écrite posée au gouvernement le 24 mars dernier par le député isérois Alain Moyne-Bressand, qui a déjà déposé plusieurs projets de lois pour combattre plus efficacement cette plante hautement allergisante. Le député prévoit une réunion d’information, le 14 avril prochain.

Le député maire de Crémieu attire l’attention de la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes « sur l’impérieuse nécessité de doter notre pays des outils législatifs indispensables à la lutte contre l’ambroisie ».

En effet, plante hautement allergène et invasive, l’ambroisie provoque chaque année, principalement en été, au moment de sa floraison, de graves crises allergiques chez les personnes fragiles : personnes âgées, enfants, asthmatiques, etc… Les personnes sensibles aux pollens d’ambroisie peuvent présenter des manifestations telles que rhinites, conjonctivites, trachéites, asthme ou encore des atteintes cutanées comme de l’urticaire ou de l’eczéma.

En France, explique encore le député, 6 à 12% de la population seraient affectés par cette plante extrêmement allergisante. Les pathologies liées à l’ambroisie ont un coût pour la collectivité estimé à 20 millions d’euros pour la seule région Rhône-Alpes, et certainement beaucoup plus si on tient compte de la perte de productivité due à la fatigue générée par l’allergie.

Si elle s’est d’abord implantée dans la région Rhône-Alpes, l’ambroisie gagne aujourd’hui du terrain en France. Elle constitue indéniablement un problème de santé publique majeur d’ailleurs cité au PNSE (Plan National Santé Environnement)

Projets de lois, réunion d’information

Le 20 novembre 2014, Alain Moyne-Bressand, à la tête du comité parlementaire de suivi du risque ambroisie et autres espèces invasives, avait proposé un nouveau projet de loi sur la maitrise des espèces invasives. Il déplore que son projet initial, qu’il avait présenté en 2013, n’ait toujours pas été adopté, au motif qu’il fallait élargir le texte à toutes les espèces invasives. Le texte prévoyait notamment que les occupants (propriétaires ou locataires) des parcelles soient obligés d’arracher les plants d’ambroisie.

Aujourd’hui encore le député constate « qu’alors que la direction compétente du ministère de la Santé avait proposé un dispositif législatif complet, de nature à permettre de lutter efficacement contre ce fléau et à soulager les personnes en souffrance, aucune disposition n’a été reprise dans le projet de loi de Santé dont l’Assemblée nationale débute l’examen ».

Il lui demande donc s’il est dans les intentions de la Ministre de remédier à cette carence grave, dès l’examen de ce texte en première lecture par le Parlement.

Le 14 avril prochain, le Comité parlementaire, appuyé par le directeur général délégué de l’Inra, Xavier Rebout, fera le point à l’Assemblée nationale sur l’impact des espèces invasives sur notre territoire, les maladies émergentes et les nouveaux parasites, qui en découlent.

A huit mois de la 21e conférence mondiale sur le climat, le comité juge que « l’urgence de la lutte contre la prolifération des espèces invasives n’autorise aucun attentisme ».

Pour en savoir plus www.parlementaires-ambroisie.fr

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