R&D

Montréal : Denis Leclerc accélère la transition vers les technologies propres

Le nouveau président d’International Cleantech Network, dont fait partie le pôle de compétitivité rhônalpin Tenerrdis, déploie quantité d’initiatives pour développer les technologies propres. Enviscope l’a rencontré dans ses bureaux du Centre Mondial du Commerce à Montréal.

L’association qui regroupe 16 « grappes », dont Tenerrdis en France, de technologies propres en Asie, Europe, Amérique du Nord et Afrique du Sud, International Cleantech Network (ICN), vient d’élire à sa tête le Canadien Denis Leclerc. Juste reconnaissance des talents de développeur de ce spécialiste des technologies responsables et des éco-entreprises, qui est déjà président et chef de la direction du cluster Ecotech Québec.

Ecotech veut promouvoir des solutions favorisant le développement de l’activité de ses quelque 150 adhérents, entreprises innovantes, centres de recherche et de transfert technologique, investisseurs. Comme les pôles de compétitivité en France, Ecotech favorise le travail collaboratif, aide les PME adhérentes à se développer à l’international, leur facilite le travail face aux contraintes administratives.

Trouver des accélérants en devenir

« Nous devons nous assurer que le cadre légal, fiscal soit propice et créer les conditions de l’accélération des dossiers. En faisant cela, nous venons déranger un confort réglementaire bien écrit. Nous créons des incertitudes », explique Denis Leclerc. Plutôt que de faire sauter les verrous qui bloquent les initiatives, il préfère « trouver les accélérants en devenir », les relais qui rendront le développement des technologies propres possible.

Il prend l’exemple de la Finlande, qui comme le Québec dépense 30 milliards de dollars dans les marchés publics. Le gouvernement finlandais a décidé de consacrer 1% de ces 30 Md$ aux technologies vertes. « Vous dîtes que 1%, ce n’est rien. Alors justement faites-le, 300 millions, nous sommes preneurs » s’exclame Denis Leclerc.

Pour lui, l’enjeu consiste à créer des opportunités pour les entreprises de la nouvelle économie. Réaliste, c’est ce qu’il a entrepris au sein de Swift, une alliance entre des écologistes militants et des milieux d’affaires. Ils viennent de proposer au gouvernement québécois un plan comprenant 20 mesures qui permettraient de faire évoluer la réglementation vers les achats durables, plutôt que de donner la prime systématiquement au plus bas soumissionnaire.

Développer la synergie entre les entreprises

Au sein d’ICN également il travaille à ce que « chaque cluster, connaisse son terrain de jeu, connaisse les priorités régionales, les projets locaux. Il faut que les grappes aient cette intelligence du marché. » D’ailleurs avec le comité directeur¸ les membres d’ICN ont désigné clairement ses trois missions :

1- Faciliter l’accès à la connaissance du marché, 2- Faciliter l’accès à des partenaires potentiels, 3- Faciliter l’accès aux meilleures pratiques.

Dans le cadre d’Americana, le salon des technologies propres qui se tiendra à Montréal au mois de mars, ICN accueillera Tenerrdis comme ses autres collègues, autant d’opportunités pour les entreprises qui feront le déplacement de nouer des liens et de monter des projets communs.

Colibri, la contribution du Nord-Isère

Exemple de projet commun entre Français et Québécois, celui de Lac-Mégantic.

En juillet 2013 l’explosion d’un train d’hydrocarbures avait dévasté le centre-ville de cette commune 250 km à l’est de Montréal et fait de nombreuses victimes. Aujourd’hui, sous l’impulsion très volontariste de Colette Roy Laroche, la maire de Lac-Mégantic, la dépollution des sols et la réhabilitation du site est en cours.

Dans ce cadre, le Pôle d’Innovations Constructives (PIC)[1] dans le Nord-Isère a proposé de construire un bâtiment emblématique sur le port. « Ce projet pourrait devenir le cheval de Troie, permettant de mieux faire comprendre en quoi consistent les technologies propres » indique Denis Leclerc.

Le projet dénommé Colibri[2], sur l’ancien emplacement du restaurant le Citron-Vert, serait à la fois la capitainerie de la marina, un lieu d’accueil, mais également une vitrine des nouvelles technologies. Une convention a été signée, en décembre dernier, entre Jacques Lauvin, président du PIC et Colette Roy Laroche.

« Avec Rhône-Alpes c’est le début, commente Denis Leclerc, mais il y a une volonté de part et d’autre de propulser nos entreprises vers des nouveaux marchés, de nouer des partenariats, dans un nouvel esprit non pas de compétition, mais de co-pétition ».

 

antoine.reboul@enviscope.com

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[1] Ce pôle, auquel participent les centres R&D des grands cimentiers comme Lafarge et Vicat, réunit entreprises, bureaux d’études, architectes du Nord-Isère et de l’est lyonnais, tous orientés vers de nouvelles techniques de construction.

[2] A l’image du  petit oiseau le colibri, qui faisait ce qu’il pouvait à son niveau pour éteindre l’incendie, le projet porté par l’architecte Thierry Roche est une contribution liée au savoir-faire des entreprises du PIC, après une catastrophe qui nécessite une mise en œuvre de grande ampleur.

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