Isère

Eau potable : une journée pour accélérer la restauration des captages prioritaires

De nombreux captages d’eau sont concernés par la nécessité d’une restauration de leur qualité. L’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse veut mobiliser les élus et techniciens des services d’eau potable en vue de concentrer les efforts de restauration de la qualité de l’eau destinée à la production d’eau potable là où les besoins sont les plus urgents et pertinents.

La communauté de communes Entre Bièvre et Rhône réserve une part de son budget au financement de l’animation sur l’aire d’alimentation du captage prioritaire du Golley. Ainsi, le coût de la préservation de la ressource en eau, estimé entre 1 et 4 cts/m3, est pris en compte dans le calcul du prix de l’eau . ©Agence de l’eau RMC

80 % de l’eau potable du bassin Rhône-Méditerranée et 92 % de celle de la région Auvergne-Rhône-Alpes  provient des eaux souterraines. 269 captages d’eau potable du bassin Rhône-Méditerranée (dont 68 en Auvergne-Rhône-Alpes), touchés par des pollutions diffuses (nitrates et pesticides), sont considérés comme prioritaires pour la mise en place de programmes de restauration de la qualité de leurs eaux. 202 plans d’actions sur ces captages prioritaires sont désormais engagés dans le bassin Rhône‐Méditerranée, dont 52 en Auvergne-Rhône-Alpes.

Une journée technique le 5 novembre

Face aux enjeux de santé publique et de coût de traitements des eaux, l’agence de l’eau mobilise les élus et les techniciens des services d’eau potable pour renforcer l’efficacité des démarches de reconquête des captages d’eau potable dégradés par les pesticides et les nitrates. A l’occasion d’une journée technique le 5 novembre 2020 à Bougé Chambalud (38), elle les invite ainsi que les acteurs du monde agricole, à venir échanger sur une nouvelle stratégie d’action afin de diriger celle-ci là où les besoins sont les plus marqués. L’enjeu est de poursuivre les efforts engagés et de rendre les programmes d’actions plus efficaces tout en s’assurant de leur adaptation aux territoires et en garantissant leur pérennisation dans le temps.

Tenir compte de la durée du renouvellement des eaux souterraines

Pour renforcer l’efficacité des collectivités dans leur démarche de reconquête de la qualité de l’eau des captages prioritaires, l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et les services de l’État ont mis au point une nouvelle stratégie d’actions différente selon les contextes locaux en tenant compte notamment du temps moyen de renouvellement des eaux souterraines, c’est-à-dire le délai nécessaire pour retrouver une eau de qualité en sortie de captage lorsque l’usage de pesticides et l’excès de fertilisants sont stoppés.

Des études de datation des eaux dans le bassin Rhône-Méditerranée montrent que 58 % des captages sont alimentés par des nappes qui mettent en moyenne plus de 20 ans à se renouveler ! Les actions de restauration seront plus rapides sur un captage dont le temps de renouvellement de l’eau est plus court.

Trois types de captage ont été identifiés selon leur capacité de restauration : les captages restaurés où il s’agit de garantir la non-dégradation de l’eau, les captages dont l’eau est dégradée mais dont les caractéristiques permettent d’espérer une reconquête rapide, et les captages dégradés avec des conditions de reconquête difficiles. Selon le classement d’un captage, la nouvelle stratégie d’actions aide les collectivités maîtres d’ouvrage à déployer un plan d’actions local efficient, pérenne et qui devienne un véritable projet pour le territoire. L’objectif est de concilier reconquête de la qualité de l’eau et développement local.

Un prix de l’eau qui intègre la préservation de la ressource en eau

A titre d’exemple, en Isère, la communauté de communes Entre Bièvre et Rhône réserve une part de son budget au financement de l’animation sur l’aire d’alimentation du captage prioritaire du Golley qui a une Surface agricole utile (SAU) de 1000 hectares pour une quarantaine d’exploitants. Ainsi, la préservation de la ressource en eau est prise en compte dans le calcul du prix de l’eau. Ce dernier est calculé en fonction des volumes produits et facturés sur l’ensemble de la collectivité qui est maître d’ouvrage de trois captages, dont un prioritaire. Selon les chiffres de 2019, le prix de la préservation de la ressource en eau est estimé entre 1 et 4 cts/m3.

Des revenus sécurisés pour les agriculteurs

La Maison François Cholat délivre des conseils aux exploitants agricoles sur les matériels à utiliser afin de limiter l’impact environnemental des cultures et garantir leurs débouchés. ©Agence de l’eau RMC

Toujours en Isère, la Maison François Cholat, meunerie, délivre conseils, services et produits aux exploitants agricoles afin de limiter l’impact environnemental des cultures et garantir leurs débouchés. Dans le cadre de contrats EC’Eau Responsable (EC pour Engagement culture), une vingtaine d’agriculteurs des aires d’alimentation des captages prioritaires du bassin versant Bièvre-Liers-Valloire, de la communauté d’agglomération Porte de l’Isère (Capi) et du Reculon cultivent blé, blé ancien, orge, triticale, colza, seigle, avoine blanche, orge brassicole, maïs, tournesol, soja en diminuant drastiquement le recours aux pesticides. La rotation des cultures, l’incitation au désherbage mécanique, l’interdiction d’utiliser du glyphosate permettent aux exploitants agricoles d’assurer davantage de rendement et une meilleure marge brute.

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