Auvergne-Rhône-Alpes

Emploi : une appli pour accélérer les recrutements en Auvergne-Rhône-Alpes

Devant les difficultés éprouvées par les entreprises pour recruter dans de nombreux secteurs, dont plusieurs en lien avec la transition écologique et énergétique, les instances régionales de Pôle emploi et des organisations patronales (Medef, CPME et U2P) s’allient pour développer des actions en vue d’accélérer les recrutements. Elles ont lancé le 4 février l’appli La bonne compétence pro pour aller chercher des candidats directement dans les formations.

François Turcas, président CPME Auvergne-Rhône-Alpes, Pascal Blain, directeur régional de Pôle emploi Auvergne-Rhône-Alpes, Jean-Luc Raunicher président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes et Pascale jouvenceau présidente d’U2P Auvergne-Rhône-Alpes (Union des entreprises de proximité) présentent l’appli La bonne compétence pro. ©B.Mortgat

La région Auvergne-Rhône-Alpes connaît un fort dynamisme, avec 5,5 millions d’embauches en 2019, mais dont seulement 1,4 million pour une période supérieure à un mois. Dans ce contexte, 54 % des projets de recrutement anticipés sont jugés difficiles par les entreprises en 2019, contre 40 % en 2017, selon la dernière enquête sur les besoins en main d’œuvre de Pôle Emploi. En fonction des secteurs cette tension est plus ou moins prononcée, mais elle n’épargne pas les domaines qui sont en lien avec la transition écologique et énergétique : énergie, nucléaire (82 % des recrutements jugés difficiles), mobilités et systèmes de transport intelligents (72 %), BTP (74 %), plasturgie (56 %), agriculture, agroalimentaire, forêt (44 %)…

Miser sur les savoir être

« Globalement l’activité est bien orientée, confirme Jean-Luc Raunicher, président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes. Mais la concurrence est forte sur la recherche des compétences. Pour compenser, les entreprises recherchent de plus en plus des savoir être, quitte à former les candidats, voire à les aider dans leur reconversion ! »

Un contexte qui touche aussi bien les grandes entreprises que les PME, TPE et les professions libérales. C’est la raison pour laquelle leurs instances régionales représentatives (Medef Auvergne-Rhône-Alpes, CPME Auvergne-Rhône-Alpes et U2P Auvergne-Rhône-Alpes) ont décidé de s’allier avec Pôle emploi pour agir en collaboration dans le cadre du Plan d’investissement dans les compétences lancé par le ministère du Travail.

Un plan pour accélérer les recrutements

Celui-ci, doté de 15 milliards d’euros sur 5 ans (2018-2022), traduit la volonté du gouvernement de changer de registre dans l’action publique en matière d’accès à la formation et à l’emploi, sur la base d’une stratégie couvrant 13 domaines d’excellence(1), avec un mot d’ordre : accélérer les recrutements. « Réduire l’écart entre les compétences souhaitées et les compétences disponibles est plus que jamais nécessaire, estime Pascal Blain, directeur régional de Pôle emploi Auvergne-Rhône-Alpes. Le plan d’investissement dans les compétences est une chance pour favoriser en même temps le retour à l’emploi et le développement économique de notre région tout en encourageant les innovations pour proposer des formations plus adaptées aux jeunes et aux demandeurs d’emploi qui n’ont pas eu l’opportunité de pouvoir se qualifier. »

La dimension régionale du Plan d’investissement se traduit en Auvergne-Rhône-Alpes par la mise en œuvre d’un Pacte régional doté de 652 M€ sur 4 ans, auquel s’ajoute l’effort propre de Pôle emploi pour un montant de 191 M€. L’un des trois objectifs du plan est de « contribuer à la transformation des compétences, notamment celles liées à la transition écologique et à la transformation numérique ».

Une appli pour dénicher les candidats jusque dans les formations

Première illustration de cette collaboration, le lancement de l’appli La bonne compétence pro (https://labonnecompetencepro.pole-emploi.fr) permet aux entreprises qui recrutent de trouver des candidats plus facilement. L’outil permet de rechercher une compétence sur un lieu et pour une date donnée : l’entreprise obtient alors des informations sur toutes les formations correspondantes qui se terminent dans les deux mois qui précèdent la date d’échéance, sur le contenu de ces formations et le nombre de demandeurs d’emploi qui la suivent. Elle peut alors contacter soit l’organisme de formation, soit les demandeurs directement (via Pôle Emploi dans un premier temps).

Pour Jean-Luc Raunicher, il est toutefois aussi nécessaire que les employeurs se remettent en question : « La socio-psychologie des jeunes a beaucoup changé, ils veulent aujourd’hui que leur travail ait du sens. Une entreprise comme Total a beaucoup de mal à recruter des jeunes aujourd’hui, car le pétrole est vu comme une des causes du réchauffement climatique. Les entreprises doivent réfléchir sur elles-mêmes et aux moyens de se rendre attractives, à leur identité et aux valeurs qu’elles veulent véhiculer par leur activité et leur manière de l’exercer. »

  1. Services à la personne, Nucléaire, Energie, Bâtiment travaux publics, Mobilités et systèmes de transport intelligents, Aéronautique et métallurgie, Plasturgie, Métiers de bouche, Industrie du futur et production industrielle, Sport / montagne /tourisme, Force de vente, Numérique, Agriculture / agroalimentaire / forêt.

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