Bioéconomie

En Catalogne , la moitié du maïs est génétiquement modifié

La Catalogne, est une région espagnole fortement développée sur le plan agricole. C’est une région proche de Rhône-Alpes, puisqu’elle fait partie des quatre moteurs de l’Europe, avec la Lombardie et le Base Wurtemberg. En Catalogne, le maïs modifié génétiquement pour lutter contre la pyrale du maïs et la sésamie, représente plus de la moitié des cultures.

L’Association française pour les biotechnologies végétales et la Société des Agriculteurs de France, organisaient un colloque au cours duquel Joan Serra Gironella, agronome et chercheur du Centre espagnol de recherche IRTA a fait le point sur la culture du maïs Bt en Catalogne.

La surface cultivée de maïs en Espagne a été de 432 700 ha en 2013, en augmentation de 11% par rapport à 2012. Le maïs modifié génétiquement (maïs Bt) destiné à lutter contre la pyrale et la sésame, a occupé une surface estimée de 136 962 ha, en hausse de 18% ce qui représente plus de 30% des terres semées en maïs.

La Catalogne est par la surface, la quatrième région de production de maïs après la Castilla y León, l’Aragon, l’Extremadura et l’Andalousie. C’est la deuxième région après l’Aragon, en hectares semés avec du maïs génétiquement modifié, avec 45 210 hectares dont 52,8% ont été semés en maïs modifié avec une surface estimée de 23 871 ha. Les surfaces de maïs modifié augmentent chaque année alors que la production biologique  reste  marginale, avec 31 ha.

La production de maïs grain en Catalogne, proche de 375 000 tonnes, permet de répondre à seulement 15-20% des besoins de l’industrie qui doit importer du maïs des autres régions de l’Espagne et d’autres pays, principalement de la France. La plupart des producteurs vendent leur production à l’industrie pour l’alimentation animale sans différence de prix entre maïs conventionnel ou pour le maïs GM. Quel que soit le maïs utilisé, conventionnel ou GM, le producteur d’aliments pour animaux étiquètent comme« OGM » tous ses produits.

D’autres semenciers

En Espagne comme dans le reste de l’Union européenne la  modification génétique autorisée à la culture pour la production de maïs, est le MON810 résistant pyrale et à la sésamie. La  modification a été initialement développée par Monsanto mais le brevet étant tombé dans le domaine public, presque toutes les autres semenciers proposent aussi des variétés de maïs bt.

Le prix des semences de variétés GM est, rappelle le chercheur, plus élevé d’environ 50 euros /hectares, mais une augmentation du rendement de l’ordre de 2% peut compenser ce surcoût, ce qui est largement le cas. Dans les régions où les attaques de sésamie et pyrale sont supérieures à 1 larve/tige, le maïs GM donne généralement des rendements supérieurs de 5 à 15 % au maïs conventionnel.

Les maïs GM ont aussi des grains plus lourds et davantage d’épis. Ils  sont plus résistants à la pourriture et à la rupture des tiges. La plupart des variétés GM sont plus productives et leur rentabilité est clairement supérieure à celle des maïs  conventionnels.

Moins de toxines

En Catalogne, le principal risque est la présence de fumonisines des toxines hautement cancérigènes  produites par Fusarium  verticilloides. Les attaques de sésamie et pyrale peuvent causer des blessures dans les grains qui favorisent l’attaque de ce champignon et la contamination par les fumonisines, La modification MON 810 protège contre les dégâts que provoquent ces ravageurs et indirectement permet de diminuer la teneur en ces toxines. Les variétés GM présentent des teneurs en fumonisines inférieures aux variétés isogéniques conventionnelles

Le développement du maïs Bt a permis une réduction drastique des populations de sésamie et de pyrale avec des attaqieus  inférieure à 0,1 larves/tige dans la plupart des parcelles de maïs conventionnel. Avec cette faible pression d’insectes, les rendements des variétés GM et conventionnelles sont similaires. Les caractéristiques agronomiques de l’hybride deviennent alors plus importantes que la contribution apportée par la modification génétique MON810.

michel.deprost@enviscope.com avec l’article publié dans la revue de l’AFBV

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