Énergie

Le Conseil économique Rhône-Alpes réaffirme son soutien au nucléaire

Le Conseil Economique et Social Régional de Rhône-Alpes a adopté ce mardi ( 99 pour, 12 abstentions) un rapport préconisant la construction d’un EPR sur un site déjà industrialisé de Rhône-Alpes. La CGT a plaidé dans ce sans, mais la CFDT, les consommateurs, la FRAPNA se sont abstenus en demandant une place plus importante pour les économies et le renouvelable.


L’énergie de la vallée du Rhône n’est pas celle de l’hydroélectricité mais celle qui peut être produite le long du fleuve par des centrales nucléaires ! Et la force de la vallée du Rhône pourrait reposer sur l’installationd’un EPR à Tricastin !


La discussion avait été ouverte le plaidoyer pro nucléaire de Daniel Blanc Brude, (CGT) rapporteur. L’énergie hydraulique ou les projets éoliens, voire le photovoltaïque, sont trop marginaux pour relever des défis présentés d’une manière dramatique. Pour le solaire, le photovoltaïque, le CESR espère que l’Etat aidera à l’émergence d’une filière nationale de l’énergie solaire, notamment avec la construction d’une centrale par région.


Centrales hydrauliques: utiliser le débit réservé



Pour l’électricité, Daniel Blanc Brude a rappelé que le Rhône compte 19 centrales et le CESR suggère d’utiliser les 20% de débit réservé supplémentaires en créant des barrages pour turbiner ces débits. La CGT confirme que le système de l’achat individuel de l’énergie renouvelable est onéreux et devra être financé par une contribution des utilisateurs d’énergies polluantes. ” La politique de l’énergie ne doit pas être définie par les groupes industriels de l’énergie” rappelle le responsable syndical.


Un nucléaire public


Daniel Blanc Brude suggère donc de créer un bouquet d’énergie comportant du nucléaire « Soit on rejoint les pays non producteurs d’énergie nucléaire qui utilisent abondamment le charbon, le pétrole, le gaz, soit nous rouvrons l’option nucléaire. Dans une optique libérale, on utilise le gaz, si on se préoccupe de l’intérêt du citoyen et de l’industrie et la France est encore un pays industriel , on fait le choix du nucléaire. Certes il y a débat, mais les dangers sont connus et aucun incident n’a dépassé l’échelle de 7 »



Pour Daniel Blanc Brude, la conclusion est claire ! Cela amène construire un EPR en Rhône sur un des sites industrialisés sur un des sites déjà industrialisés. Compte tenu du temps, il s’agit de préparer l’avenir rapidement


Pour la CGT, le nucléaire est indispensable, mais il ne peut être sûr que dans le cadre du service public. La CGT met en relief les risques Pour elle, le prochain EPR devrait être construit et géré par EDF, avec une amélioration des conditions de travail des agents. Force Ouvrière, et la CFTC se sont exprimées dans un sens proche de celui de la CGT. Pour le nucléaire, la CFTC (Jacques Balain) suggère de passer par l’EPR et rappelle le délai de 10 ans. Demande un centre de formation aux métiers du nucléaire et regrette l’arrêt et le démantèlement de la filière. Le groupe des employeurs est d’accord avec l’option nucléaire, et regrette que les aides au photovoltaïque ne permettent pas de créer de filière industrielle alors que la filière photovoltaïque est elle-même en difficulté.


Lors d’un débat débordant de la vallée du Rhône, des nuances plus fortes qu’en 2003 se sont exprimées quantaux places relatives du nucléaire et des renouvelables. Le nucléaire est un choix, mais plus une solution unique. Jeannine Barraux (CTRC, consommateurs ;abstention), demande un lpus grande ancrage de l’éolien dans la vallée du Rhone, souligne l’intérêt du photovoltaïque et elle insiste les recherches de filière plus performante. Jacques Balian, de la CFTC plutôt que quelques centrales, suggère la multiplication d’installations photovoltaïques.


Pour la CFDT, ne pas aller trop vite


Pour Jean ELDIN (CFDT, abstention) « le nucléaire est source d’inquiétude en raison d’accident grave toujours possible et en raison de l’accumulation des déchets. Il importe d’établir un climat de confiance avec le public, ce qui n’a pas été le cas lors des incidentes du Tricastin». Le représentant de la CFDT estime que « plusieurs raisons plaident pour ne pas se précipiter, la troisième génération n’est qu’un prolongement, alors que la quatrième serait une rupture »


Le représentant de la CFDT plaide pour un allongement de la durée de vie des réacteurs justement décidée par l’Autorité de Sûreté. Il imagine même une prolongation, à 60 ans, une remise à niveau coûtant 400 millions alors qu’un EPR Plus de 4 milliards par an. « Ce n’est pas à la France de pallier la défaillance de ses voisins, c’est à l’Europe de mettre en place une politique». « L’entrée en service de Georges Besse 2, rappelle Jean ELDIN, rendra disponible 2000 mégawatt (deux fois moins selon Daniel Blanc Brude) la CFDT prend acte du choix d’un seul EPR en Rhône-Alpes pour préserver une capacité industrielle».


Georges EROME (FRAPNA, abstention)tire plus fortement le signal d’alarme devant un choix très dominant en faveur de l’énergie nucléaire. Il invite à davantage de sobriété, d’efficacité et de développement des énergies renouvelables. Pour Georges EROME, le solaire n’est pas une énergie marginale, mais une énergie centrale, sur laquelle il faut investir, alors que le nucélaire, la consommation énergétique en hausse, n’offrent pas de perspectives.


Mais comme le rapport contenait des propositions sur l’énergie renouvelables, la FRAPNA a accepté de ne pas voter contre et décidé de s’abstenir. Le Conseil économique et social régional sait gérer ses désaccords…



michel.deprost@enviscope.com


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