Environnement

Eric Fournier, maire de Chamonix : l’arrêt anti-pollution est un premier pas

Pour Eric Fournier, maire de Chamonix, conseiller régional Rhône-Alpes, l’arrêté interdépartemental interdisant la circulation des poids lourds en transit les plus polluants en période de pic de pollution est un premier pas.

Qu’apporte l’arrêté qui vient d’être pris par le préfet de Région, et les préfets de Savoie et de Haute-Savoie ?

Eric Fournier : Un tel texte était demandé et attendu depuis plusieurs années par les élus de la vallée de Chamonix et plus largement de la Vallée de l’Arve. Le plan de protection de l’air, PPA de la vallée prévoit plusieurs mesures, notamment au niveau du chauffage domestique et au niveau de la circulation. Mais il fallait des mesures pour réduire les émissions liées au transport routier pendant les périodes de pics de pollution. C’est un premier pas.

Les poids lourds les plus polluants représentent environ 14% du parc routier, mais environ la moitié de la pollution.

Comment ce premier pas devra-t-il être géré ?

Ce texte va envoyer un signal aux entreprises de transport, qui devront s’informer en amont des conditions de restriction de circulation prévisibles pendant les périodes critiques. Les entreprises devront étudier des itinéraires de remplacement qui, en raison d’interdictions prises dans les autres vallées en Maurienne, se trouvent sur le littoral méditerranéen, ou en Suisse, entre le Valais et l’Italie. Cet arrêté va inciter les entreprises, comme cela se fait depuis longtemps en Suisse à mieux gérer leurs expéditions.

Comment la concertation locale s’est-elle passée ?

Les milieux économiques ont pu estimer que cette mesure allait trop loin, mais le but n’est pas de bloquer l’activité économique. D’ailleurs, l’arrêté prévoit des exceptions pour les transports des entreprises de Rhône-Alpes, vers le nord de l’Italie.

Les élus attendaient avec impatience une décision de ce type. L’Autorité Organisatrice des Transports de Chamonix a engagé des travaux importants, avec l’aide de la Région pour la rénovation de la ligne Saint-Gervais Chamonix, à hauteur de 70 millions d’euros. Nous avons décidé d’accélérer le remplacement d’un tiers de nos services de transports, 2 36 véhicules en tout, ce qui présente une dépense de 2 à 3 millions d’euros.

C’est un premier pas, il faut donc aller plus loin ?

Il faut évidemment favoriser plus fortement le report modal, par exemple avec le développement de l’Autoroute Ferroviaire Alpine en créant une plate forme de chargement autre d’Aiton, plus extérieure au Massif alpin pour réunir davantage de trafic. Il faut aussi mobiliser les marges de manœuvre disponibles en faveur du fret. Or on voit que le dossier du fret ferroviaire n’est plus suffisamment pris en main, alors que la situation est catastrophique. Le projet de réouverture de la ligne au sud du lac Léman n’a pas avancé.

Recueilli au téléphone par michel.deprost@enviscope.com

 

 

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