Mobilité

La relance du fret ferroviaire devra passer par Rhône-Alpes


Le transport de marchandises est une des principales sources d’émission de carbone et la situation en France s’est dégradée depuis de longues années. Le gouvernement a présenté le 16 septembre des mesures pour relancer le fret non routier, c’est-à-dire fluvial et ferroviaire.



La première étape vise à passer la part des moyens de transports ” écologiques” de 14% à 17,5% en 2012, avant d’atteindre 25% en 2022. Le fret ferroviaire est l’enjeu le plus difficile. En effet, le transport par rail n’a cessé de reculer en France ces dernières années. Mais pour le gouvernement « le recul du fret ferroviaire n’est pas une fatalité, puisque, dans certains pays et, certes, dans des contextes industriels et de politiques publiques différents, le fret ferroviaire a mieux résisté qu’en France ». De 2000 à 2006, le trafic ferroviaire de marchandises -en tonnes/kilomètres- a augmenté de 52% en Allemagne, 25% en Grande Bretagne et 22% en Suisse.



La France a raté l’ouverture du marché qui devait permettre d’améliorer par la concurrence la qualité et le prix des services. Aucun intervenant extérieur de poids n’est venu opérer sur le marché français et la seule entreprise qui a voulu proposer une alternative à la SNCF Fret, Véolia, a dû jeter l’éponge.


Le recul du fret ferroviaire est marqué en France en raison des conditions de service proposées par la SNCF fret. Les coûts sont plus élevés, notamment en raison des coûts salariaux, un cheminot SNCF coûtant 30% de plus qu’un autre cheminot estiment certains observateurs. Mais la qualité du service rendu est en cause. Si les autoroutes ferroviaires, qui font circuler des convois complets sur de grandes distances fonctionnent bien, le système des wagons isolés offre des services déplorables. “Les délais d’acheminement demandent parfois plusieurs semaines, sans parler des wagons qui se perdent purement et simplement » explique un représentant d’entreprises.



Le gouvernement veut agir sur plusieurs leviers. Il veut améliorer les autoroutes ferroviaires, comme l’autoroute Luxembourg Perpignan et l’autoroute ferroviaire alpine (voir par ailleurs les informations d’Enviscope). Le gouvernement veut aussi favoriser la création d’opérateurs privés capables de gérer le trafic dans certains secteurs géographiques. Il veut insister sur le fret express, en développant les liaisons à grande vitesse entre aéroports, entre autres Saint-Exupéry.


La Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports estime que les objectifs sont louables, mais que le plan comporte plusieurs risques. La FNAUT souligne par exemple l’incohérence qui consiste pour l’Etat et les collectivités territoriales, à soutenir la création de nouvelles infrastructures routières et autoroutières.


Gérard Leras, président du Groupe des Verts à la Région Rhône-Alpess’interroge aussi. Il demande au gouvernement pourquoi il ne fait appliquer « l’eurovignette adoptée par l’Europe en mars2006, qui rapproche le prix du fret routier de son véritable coût, incitant par la même à l’usage du fer ? » Gérard Leras demande pourquoi pour le transport combiné des conteneurs n’y a-t-il pas d’avancée une connexion fleuve (Rhône)/ rail efficace au Port Edouard Herriot à Lyon et à Salaise sur Sanne/ Salons. Le président du groupe des Verts estime aussi que « l’installation de la plate-forme occidentale de l’autoroute ferroviaire alpine vers l’Italie à Grenay, au sud est de Lyon,) alors que les lignes ferroviaires autour de Grenay sont saturées et que du terrain est disponible à Ambérieu (Ain) sur la ligne Dijon Modane ». Le président du groupe Verts s’interroge aussi sur la promotion de nouveaux services entre aéroports alors « que l’heure est à la relocalisation de l’économie, à la souveraineté alimentaire pour toutes les régions du globe“.



Michel.deprost@enviscope.com



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