Énergie

Gazoduc Arc Lyonnais : le débat public est lancé

La France a besoin de sécuriser ses approvisionnements en gaz naturel et pour faciliter les échanges entre le nord et le sud du pays, projette la mise en service d’un nouveau gazoduc à l’horizon 2020. Déjà plusieurs tronçons sur la dorsale Marseille-Dunkerque sont en cours de construction ou à l’étude. La future canalisation, dénommée Arc Lyonnais, d’une longueur de 150 km et d’un diamètre probable de 1,20m devrait faire suite au projet Eridan qui reliera Fos-sur-Mer s à Saint-Avit, dans le nord de la Drôme et se connecter à Etrez dans l’Ain au futur gazoduc Val de Saône, qui fait d’ailleurs l’objet du même débat public.

Un débat public sur l’opportunité des grands aménagements

La filiale de GDF-Suez, GRTgaz, dont la mission est le transport du gaz, conduit les études depuis de nombreux mois. Après une série de pré-études et le dessin d’un fuseau d’implantation, qui fait actuellement 4 à 5 km, de large GRTgaz a saisi en 2012 la Commission nationale du débat public (CNDP). Réunissant les deux projets Arc Lyonnais et Val de Saône dans le même débat, celle-ci a nommé une Commission particulière du débat public (CPDP), pour orchestrer sur le terrain l’information et le questionnement de la population.

Son président, Jean-Yves Ollivier explique que la CPDP « n’a pas d’avis à donner sur le projet. Son objectif est de permettre  l’expression des questionnements et avis du public ».

C’est avec un certain formalisme que le premier débat s’est ouvert mercredi soir, le président rappelant les règles des échanges. Après que Daniel Bourjas, directeur régional de GRTgaz, ait présenté le projet, élus des communes et responsables des associations Apie, Lo Parvi et du Conservatoire régional des espaces naturels (CREN) se sont exprimés sur la préservation de l’environnement.

L’impact sur l’environnement et la sécurité

Lors du chantier, une piste de 40 m de large permettra le passage des engins et à l’issue des travaux une voie de 20 m, pouvant être réduite à 10, sera maintenue. Le tri des terres au moment des fouilles, la restitution de l’horizon agricole après travaux, le déplacement des engins, la perturbation des milieux, leur possible colonisation par des espèces invasives telle l’ambroisie au moment du chantier, autant de questions légitimes ont été posées par les présidents des associations, MM. Chetaille, Moly et Lhuillier, au directeur du projet Denis Suisse-Guillaud. Celui-ci a énoncé les différentes mesures d’évitement possibles, expliquant que contrairement aux autres ouvrages linéaires, une canalisation permettait une certaine souplesse pour s’adapter au terrain.

Des précisions utiles pour répondre également aux préoccupations de sécurité, qu’ont les élus pour l’élaboration des PLU et notamment la construction d’établissements recevant du public (ERP).

Jean-Yves Ollivier a rappelé que tous les collectifs qui souhaitaient développer leur position, pouvaient le faire au moyen d’un cahier d’acteurs, qui permettra aux collectivités, associations, chambres consulaires de formaliser leurs interrogations et exprimer leur avis sur le projet.

Une prochaine réunion prévue le 23 octobre à la CCI de Lyon devrait aborder le projet plus sur le fond et sous l’angle de son opportunité.

antoine.reboul@enviscope.com

Sur notre photo : De droite à gauche, Denis Suisse-Guillaud directeur du projet GRTgaz, Séverine Barberet membre de la CPDP, Jean-Yves Ollivier président de la CPDP, Daniel Bourjas directeur régional GRTgaz, Jean Sornay, Michel Habig et Michel Rostagnat membres de la CPDP, Christian Bernardini responsable du projet GRTgaz (assistait également au débat Anne-Marie Odunlami membre de la CPDP).

POUR EN SAVOIR PLUS

La CPDP a ouvert une antenne 4 rue du Docteur-Polosson à Bourgoin-Jallieu. Pour plus d’informations et connaitre les dates et les lieux des prochaines réunions publiques http://www.debatpublic-arclyonnais-valdesaone.org/

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