Énergie

Gazoducs Arc lyonnais – Val de Saône : le transport du gaz en débat public

Alimenter en gaz les ménages et les industries en France, en tenant compte des nouvelles sources d’approvisionnement : tel est objectif des projets de gazoducs Arc Lyonnais et Val de Saône préparés par GRT GAZ (1).

Les deux projets font l’objet d’un débat organisé par une Commission du débat particulier mise en place par la Commission nationale du Débat Public (CNDP). Une réunion organisée à Lyon ce mercredi, a permis de présenter les projets. Le public était moins nombreux que lors de réunions tenues sur le fuseau dans lequel les canalisations seront posées.  A Lyon, le monde industriel était quasiment absent. Le débat mobilise surtout lors de réunions dans des communes touchées par le tracé. Le chantier qui dure à chaque fois quelques mois, entraine des gênes locales. Une fois enterrée, la canalisation n’impose que des contraintes limitées, par exemple en termes d’urbanisme, en interdisant certaines constructions à sa proximité.

Jean-Yves Ollivier, président de la Commission Particulière, a rappelé les enjeux. Les projets ne sont pas décidés et le débat porte sur leur opportunité. En réalité, les jeux sont faits. Le débat permet d’enregistrer les attentes des populations et d’exposer les enjeux.

Un réseau à compléter

Le réseau français de transport de gaz développé depuis quarante ans est inadapté aux nouveaux flux d’importations. Une  partie du réseau est ouverte aux importations venant du Nord et de l’Est de l’Europe. Une autre est ouverte aux importations venant du Sud, d’Algérie par exemple.

Faute de capacité de transport suffisante entre le Nord et le Sud, le gaz ne peut facilement être transporté pour être proposé dans le cadre d’un marché national. Deux Points d’Echange de Gaz  (PEG) en France un pour le nord et un pour le sud, aboutissent à des prix différents. Les entreprises situées au Sud, paient leur gaz plus cher, ce qui les handicape par rapport à leurs concurrentes européennes négociations

Le bouleversement du gaz de schistes

Cette situation s’ajoute à une paysage mondial où le prix du gaz a été bousculé par deux phénomènes. Aux Etats-Unis, le développement des gaz de schistes a entrainé une baisse des prix qui met le mégawatt heure gaz à une dizaine d’euros. Au Japon, l’arrêt de centrales nucléaires après la catastrophe de Fukushima, a entrainé une demande plus forte pour des centrales à gaz ce quia fait grimper les prix et aspire une partie de l’offre.

Diversifier l’approvisionnement

L’Europe et la France doivent diversifier leurs approvisionnements pour être moins dépendantes. La France doit  améliorer le transport du gaz du nord  au sud de son territoire.

Le débat public permet d’avoquer l’utilisation des futurs gazoducs par d’autres types de gaz que le gaz naturel actuel. Les gazoducs pourraient un jour transporter du biogaz issu d’usines de méthanisation. Les mêmes canalisations pourraient transporter du gaz non conventionnel, du gaz de schistes, exploité en France ou à l’étranger. C‘est ce qui inquiète la FRAPNA. Mais c’est en partie un autre débat…

michel.deprost@enviscope.com

http://www.debatpublic-arclyonnais-valdesaone.org/

(1)   GRT GAZ est filiale à 75% de GDF SUEZ et à 25% de la Caisse des Dépôts et Consignation.

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