Bioéconomie

Grand tétras :l’ASPAS dépose plainte auprès de la Commission Européenne

Le grand tétras, Tetrao urogallus, est un oiseau forestier des étages montagnards et subalpins, représenté en France par deux sous espèces Tetrao urogallus major dans les Vosges et le Jura et Tetrao urogallus aquitanicus dans les Pyrénées. Ces sous espèces sont présentes dans les Cévennes, où une petite population a été constituée par la réintroduction .
L’espèce a beaucoup reculé depuis trente ans. Elle est classée dans la catégorie « vulnérable » dans les listes rouges nationales de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Tetrao urogallus major est même classée « en danger ». Tetrao urogallus aquitanicus, classée « vulnérable », n’est présente que dans la chaîne des Pyrénées donnant une forte responsabilité à la France, à l’Espagne et à l’Andorre dans sa conservation.
Les habitats du grand tétras sont le cadre d’activités (intérêts écologiques, sylvicoles, ski, raquette, randonnée, chasse, et agricoles) qui ont un impact préjudiciable sur l’espèce. La chasse fait partie de ces activités, elle est pratiquée dans cinq départements des Pyrénées, surtout dans les Hautes Pyrénées et l’Ariège. Entre 30 et 50 oiseaux de cette magnifique espèces sont tués chaque année. La France est le dernier pays d’Europe occidentale à autoriser la chasse interdite chez tous nos voisins.

Une stratégie

Un plan d’actions a été décidé pour définiri une stratégie de conservation à long terme associant l’ensemble des partenaires concernés et assurant la cohérence des actions réalisées. Le plan a été proposé par les associations spécialisées. été validé par le Muséum National d’Histoire Naturelle et par le GEOC (Groupe d’Étude des Oiseaux et de leur Chasse).
Lors du Conseil National de Protection de la Nature et lors de la consultation publique, le ministère a , selon Pierre Athanaze, président de l’ASPAS, présenté ” une version falsifiée du document”. Lors de sa rédaction, il avait pourtant fait l’objet d’une large concertation avec les différents acteurs de ce difficile dossier et avait La population pyrénéenne de grands tétras a perdu plus de 70% de ses effectifs depuis 1960

« Les bonnes intentions affichées par le ministère de l’Écologie lors de la présentation de sa seconde « Stratégie Nationale pour la biodiversité » se sont envolées. Cela, seulement quelques semaines après son renoncement au renforcement de la population d’ours dans ces mêmes Pyrénées.
Devant cette mauvaise foi, et les très graves répercussions que cela aura pour l’avenir de cette espèce garante d’un bon état de nos forêts, l’ASPAS a décidé de saisir la Commission Européenne » Pierre Athanaze rappelle que la France a été condamnée, il y a quelques mois, par la Cour de Justice de l’Union Européenne, pour n’avoir pas agi pour sauver ses derniers grands hamsters, le Grand hamster d’Alsace, dont restent seulements trois noyaux de populations dans le Haut Rhin et dans le Bas Rhin.

michel.deprost@enviscope.com

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