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Hydrogène : McPhy lance un nouveau démonstrateur et investit en Allemagne

Quel chemin parcouru, et en si peu de temps, par cette star-up issue des travaux du CNRS, créée en 2008 par Daniel Fruchart et Michel Jehan. « Au départ, l’important c’était l’envie qui animait les créateurs » commente Alain Fontaine, directeur de la Fondation Nanosciences et ancien directeur de l’Institut Néel CNRS/UJF, qui a beaucoup soutenu le projet à son lancement. Depuis la croissance de la jeune entreprise est exponentielle : 80 personnes réparties dans trois pays européens, en France la R&D et la commercialisation à Grenoble et l’usine à La-Motte-Fanjas dans le nord de la Drôme, en Italie et tout récemment comme l’a annoncé Pascal Mauberger, président de McPhy, à Wildau petite commune de l’état de Brandebourg à côté de Berlin.

Ceci n’est pas neutre. L’état de Brandebourg vient d’être distingué 1er Land allemand pour les énergies renouvelables. McPhy y a repris l’activité d’Enertrag HyTec et ses salariés, pour développer à travers sa filiale allemande l’hydrogène éolien.

Le stockage de l’hydrogène sous forme solide

La solution développée par McPhy de stockage de l’hydrogène sous forme solide, présente une grande sécurité liée à la basse pression, une moindre consommation d’énergie et une plus grande facilité d’utilisation, par rapport aux techniques classiques de stockage sous forme gazeuse à forte pression ou liquéfiée à basse température. « C’est la mise en œuvre d’une technologie de rupture, qui a permis la création d’emplois sur le site » note Jean-Jack Queyranne président de la Région.

De plus, le procédé de production de l’hydrogène par électrolyse de l’eau, couplé avec un réservoir contenant des pastilles d’hydrure de magnésium, une forme solide de stockage de l’hydrogène, présente l’avantage de coûter 10 à 50% moins cher que les techniques classiques, tout en réduisant fortement l’empreinte carbone.

Sur l’aéroport de Berlin

Au-delà du démonstrateur drômois, dont la capacité est de 100 kg d’hydrogène (l’équivalent de 3,3 MWH) et qui sera le véritable show-room de l’entreprise, McPhy projette l’installation pour l’année prochaine d’unités de 250 et 500 kg. D’ores et déjà l’entreprise a été retenue pour fournir le stockage d’hydrogène de la station Total, alimentée par de l’électricité d’origine éolienne, sur l’aéroport Schönefeld de Berlin. « Cette technique de couplage d’un stockage avec la production d’énergie renouvelable, va devenir indispensable pour permettre le développement des ENR », explique Pascal Mauberger. En effet sans possibilité de stockage, il ne sera plus possible de connecter de nouvelles sources de production sans perturber des réseaux déjà saturés. C’est par exemple déjà le cas des Pouilles dans le sud de l’Italie.

Le projet de démonstrateur a été financé par BPI France (anciennement Oseo/Isi) et a été développé dans le cadre d’un consortium industriel McPhy Energy, le CEA et la société WH2. Au total l’entreprise a levé plus de 20 M€ de fonds pour financer la recherche, les premières applications industrielles et leurs développements.

antoine.reboul@enviscope.com

POUR EN SAVOIR PLUS

McPhy Energy détient des droits exclusifs sur un portefeuille de brevets, qui sont l’aboutissement de plus de 8 années de recherche au CNRS, en partenariat avec l’Université Joseph Fourier. Membre du pôle de compétitivité Tenerrdis, l’entreprise est engagée en tant que partenaire direct ou sous-traitant dans plusieurs projets de recherche. McPhy Energy figure ainsi dans le Global Cleantech 100 et dans le Top 5 Cleantech France. Elle a récemment signé de nombreux contrats en France, au Royaume-Uni, en Italie, en Allemagne et au Japon, démontrant son leadership technologique. www.mcphy.com

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