Environnement

Industrie et territoire: le Grand Lyon joue la carte de la chimie

Récemment, des élus et des représentants d’entreprises ont descendu le Rhône de Lyon à Givors. Cette « croisière » studieuse a fait prendre conscience que la Vallée de la chimie n’était pas un couloir. Une vallée avec des iles, des bras, une pépinière, des espaces naturels. Une dimension territoriale totale.

Une situation radicalement différente de l’ambiance de septembre, 2001 au moment de la catastrophe d’AZF. Une raffinerie ? Des usines chimiques ? Un port pétrolier ? Après l’accident de Toulouse, certains souhaitent que l’industrie s’éloigne de la ville. De la ville qui l’a rattrapé quand les maisons se sont construites autour des usines.
Le président du Grand Lyon, Gérard Collomb, ne se laisse pas impressionner. Sensibilisé par des professionnels du secteur, il comprend l’importance de la chimie, mais d’une industrie qui doit être acceptée par le territoire.
Une alliance se noue entre industriels, collectivité et Etat pour faire évoluer l’ industrie la plus spectaculaire de l’agglomération. Des stockages dangereux sont éloignés, de nouveaux procédés permettent de réduire ces activités peu nobles. La voie d’eau est préférée au rail pour approvisionner certains sites. « En vingt ans on a fait évoluer énormément la place de la chimie » explique Michel Reppelin, vice président du Grand Lyon, lui-même ancien chercheur en chimie et spécialiste des risques.

Agenda 21 de la Vallée de la Chimie

Le Grand Lyon a accompagné un Agenda 21 de la Vallée de la Chimie. Il a favorisé le rapprochement entre chimie et environnement au sein du pôle AXELERA. La collectivité apporte sa contribution à certains projets innovants.
Le pôle a donné lieu à des coopérations locales. Des chimistes et des pétroliers se sont rendu compte qu’ils pouvaient travailler ensemble sur des sujets proches.
La chimie s’est orientée fortement vers les matériaux bios sourcés ou « l’usine du futur » économe en matière et plus sûre. Un Institut d’Excellence en énergies décarbonées ( INDEED) réunira des recherches sur plusieurs sites. L’’association pour le Développement Durable de la Vallée de la Chimie prépare un plan de déplacement interentreprises. Des lignes de bus ont été adaptées aux besoins des personnes qui travaillent dans la vallée. Une réflexion a été lancée autour de démarche d’écologie industrielle pour préciser les complémentarités entre entreprises. Des plates formes chimiques accueillent de nouvelles activités comme le recyclage de déchets DEEE ou de véhicules hors d’usage. L’industrie s’est trouvé un territoire.
Michel Deprost michel.deprost@enviscope.com

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