Environnement

Industrie : la communication locale doit être améliorée

 

Un industriel qui explique son projet, des éco entreprises qui exposent leurs interventions, tout cela autour d’un scénario fictif évoquant des détails réels : cette saynète jouée par des professionnels de l’APPEL lors de l’Université de ‘Environnement a permis de présenter d’une manière vivante les discussions autour d’une implantation industrielle.
Une présentation aussi concrète a convaincu Gérard Perrotin, adjoint au maire de Salaise sur Sanne (Isère) commune de l’extrême sud de la Vallée de la Chimie, qui compte de nombreux sites industriels à risques. ” Si je peux avoir le scénario, on peut utiliser cette méthode”.
Mieux informer sur le fonctionnement industriel, obtenir une acceptation éclairée des citoyens : dix ans après la catastrophe de Toulouse, c’est toujours un défi.

Plusieurs ateliers de l’Université d’Eté de l’Environnement ont traité de l’information sur les risques industriels. « Les textes sur la prévention des risques sont bien faits » explique Gérard Berne, du Secrétariat permanent sur les risques industriels en agglomération lyonnaise (SPIRAL), un avis assez partagé sur le fond.
Les textes législatifs sont toutefois des limites : une réelle complexité et une vraie lourdeur pour le fonctionnement. Et une application parfois inadaptée au mode de vie d’habitants de plus en plus éloigné de la vie industrielle. « Autrefois, une bonne partie des habitants travaillant dans les entreprises chimiques, nous n’avons plus que 1400 emplois dans le secteur, et de plus en plus d’habitant venus de l’extérieur qui ne connaissent pas l’industrie » constate Gérard Perrotin.
C’est certain, il faut améliorer l’information et la communication avec les habitants, explique Lydie Nemausat, chargée de mission à la FRAPNA Rhône, qui siège au CODERST du Rhône.

Les entreprises doivent informer

Il faut donner une information claire, précise, et organisée, pour aider à comprendre. Aucun impact ne doit être exclus, ni minimisé, mais il ne faut pas confondre l’inconfort momentané provoqué par une odeur désagréable sans aucun impact et les atteintes à la santé.

Des actions plus efficaces doivent être menées par les entreprises elles-mêmes ; Sophie SUC, responsables des relations extérieures pour les sites d’ARKEMA, rappelle les actions « Terrain d’Entente » développée par le groupe avec les parties prenantes, en particulier riverains et collectivités. « Nous informons la presse et la population dès qu’un évènement peut être perçu en dehors du site ».
La communication règlementaire doit évoluer. Aujourd’hui, les instances sont multiples : Commission locale d’information (CLI, pour le seul nucléaire) ; Comités locaux d’information et de Concertation (industrie), Comité locale d’information et de surveillance (CLIS). Ces dispositifs qui se réunissent à des heures pas toujours pratiques, sont souvent méconnus.
L’information et la communication gagneraient à se rapprocher des instances municipales, et d’élus vers lesquels les habitants se tournent volontiers.Le chantier est en tous les cas urgent. L’information est une clé de l’industrialisation qui apporte des emplois.

michel.deprost@enviscope.com

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