Construction et aménagement

Simon JOUVION invite à pratiquer le jardinage sur un balcon

Implantées à Rodez, les Editions du Rouergue ne cessent de faire germer les ouvrages traitant du développement durable, non sous l’angle de la recherche fondamentale et ses applications sophistiquées, mais comme un ensemble de pratiques que le commun des mortels peut s’appliquer à mettre en action.

Ainsi Un écosystème sur mon balcon s’adresse-t-il aux habitants des villes désirant se créer un petit bout de jardin alors qu’ils ne disposent pour cela que d’une petite terrasse sur les toits, d’un balcon ou d’un simple rebord de fenêtre. 

Il est l’œuvre d’un passionné de micro-jardinage urbain, Simon Jouvion, initié adolescent à l’art de semer et planter par ses grands-parents, auprès d’un pavillon de la banlieue parisienne de même que sur les contreforts pyrénéens. Son texte alerte, un grand nombre d’illustrations explicatives, croquis commentés et photos, ainsi qu’un index aident les néophytes à se lancer dans l’aventure verte, en détaillant les techniques « classiques » du jardinage et en leur associant toute un faisceau de recommandations afin de parvenir à une pratique totalement écologique.

D’abord un état des lieux
L’auteur insiste sur la nécessité de commencer par un état des lieux, qui dictera le choix des plantes : on ne se limitera pas à l’exposition, car la température peut aussi varier en fonction de l’étage où on se trouve dans l’immeuble. Aux étages supérieurs, les vents également seront plus sensibles.

L’examen des lieux continuera par des mesures, dans les trois dimensions : suspendre des bacs aux parois latérales du balcon ou à son garde-corps permettra d’étager les plantations, de manière à obtenir de véritables rideaux végétaux, pourvoyeurs d’intimité ou bien interrompus par endroits pour introduire des jeux de profondeur. Accrocher les plantations les plus petites sous les grandes permettra en outre de leurs faire profiter des retombées d’eau d’arrosage. Economie plus écologie.
Deux autres préalables sont fondamentaux. Pour la préparation des pots, l’ouvrage n’est pas avare d’astuces. S’agissant de l’amendement de la terre, il donne un vieux truc de jardinier, aller à la campagne prélever celle de taupinières, parfaite pour accueillir les semis.

Choix des espèces
Après les préparatifs, la plantation proprement dite. Le choix des espèces, déjà largement déterminé par la configuration des lieux, visera à installer un véritable écosystème. Prenons le trèfle : il pousse tout seul et constitue une source d’humus enrichissante pour ses voisins de bac. Excellent habitat pour les insectes, il attirera donc les oiseaux. Sur ce chapitre des mariages bénéfiques d’espèces, nombreux sont les conseils donnés, comme d’associer rosiers et capucines pièges à pucerons car elles attirent ces derniers en même temps que les coccinelles qui sont leurs prédateurs. Deux pages expliquent comment se passer des produits chimiques pour éloigner les autres insectes nuisibles.
 L’auteur multiplie les conseils autant pour effectuer les plantations, semis, bouturages ou marcottages que pour les entretenir, par la suite, et les protéger. L’un des plus inattendus ouvre à des potentialités insoupçonnées. C’est de laisser certains bacs sans autre chose que de la bonne terre, dans l’attente que les insectes, les oiseaux, le vent, y déposent des graines inconnues. La nature les fera germer, et « il n’y a pas d’herbes qui soient mauvaises ». Aussi peut-on trouver dans ce manuel d’écologie citadine divers croquis de mangeoires à oiseaux et abris à insectes, à réaliser soi-même afin d’attirer tous ces agents de la diversité végétale.
                            Gabriel EHRET

Un écosystème sur mon balcon, par Simon Jouvion, Editions du Rouergue, 2011, 112 pages, 18 euros

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