Environnement

Journée nationale de l’Ingénieur: l’Economie Circulaire avance

La Journée Nationale de l’Ingénieur organisée à Lyon par Ingénieurs et Scientifiques de France, avec le partenariat d’Enviscope.com a réuni autour du thème de l’économie circulaire,  plus de 150 personnes lors de visites de sites industriels, d’ateliers et lors d’une conférence.

Plus de 150 personnes ont participé ce jeudi à la Journée Nationale de l’Ingénieur, organisée par Ingénieurs et Scientifiques de France à Lyon sur le thème de l’Economie circulaire. Le thème national de la Journée était «  innover et entreprendre ». L’Union régionale des Ingénieurs et Scientifiques Ain Rhône avait choisi le thème de l’économie circulaire, porteur d’enjeux environnementaux, économiques, mais aussi techniques importants.

Le programme mis au point par l’URIS a proposé trois types de rendez-vous, entièrement gratuits et ouverts à tous les publics. Des visites, ateliers et une conférence ont permis à des publics variés, de la région et même de Paris, de découvrir d’une manière très concrète les processeurs et enjeux de l’économie circulaire.

Terres rares et brasserie

Deux groupes de visiteurs se sont ainsi rendus sur le site de Saint-Fons du Groupe chimique SOLVAY, dédiés au recyclage des terres rares, ces minéraux largement utilisés dans de nombreuses applications, notamment dans le secteur de l’électronique, des télécommunications, mais aussi de l’énergie. Une trentaine de participants ont été accueillis à Rillieux la Pape, au centre de tri DIGITALE géré par VEOLIA PROPRETE pour le Grand Lyon. Ils ont suivi les processus qui permettent de traiter chaque année 60 000 tonnes d’emballages ménagers. A Tarare, c’est la brasserie NINKASI, engagée dans un développement privilégiant progressivement les ressources locales et régionales qui a ouvert ses portes. Enfin à TREPT en Isère, Jean-Paul Fusier, PDG de l’entreprise MTB, a expliqué les points forts d’une entreprise qui exporte des machines de traitement des déchets dans le monde entier.

 Trois ateliers de découverte

L’après-midi, trois ateliers mis sur pied par Catherine Clauzade, expert industriel en économie circulaire, ont accueilli environ une soixantaine de personnes à l’Ecole d’ingénieurs ESME-SUDRIA, à la Part-Dieu. Thibaut Ducray, de la société TALAN, a évoqué la contribution de la mesure électrique à l’économie circulaire. Catherine Clauzade, a expliqué comment l’économie circulaire modifie le statut des matières premières en effaçant progressivement la frontière entre matières premières naturelles et matières premières recyclées, encore largement marquées par l’image de déchets. Frédéric Meylan, de l’Université de Lausanne (Suisse) a expliqué comment l’économie circulaire suppose la construction progressive d’une symbiose entre utilisateurs de matière (industrie, collectivités, agriculture) qui sont aussi producteurs de produits et de co produits.

 Une table ronde à l’ECAM

La conférence finale organisée à l’école ECAM Lyon, a réuni sept intervenants autour des défis, des progrès et des voies de développement de l’économie circulaire. Frédéric Carencotte de SOLVAY a rappelé l’impératif stratégique de la maitrise des terres rares, pour le groupe chimique et pour ses clients, alors que la mise en valeur de ces substances est largement concentrée en Chine. Pour Serge Kraft, d’EIFFAGE Travaux Publics, les défis ne sont pas mondiaux, mais souvent locaux, car les matériaux utilisés pour les routes et constructions, pour des tonnages colossaux chaque année, doivent être impérativement extraits au plus près des chantiers.

David Hubert, directeur de la branche boissons de NINKASI, explique comment la brasserie s’inscrit dans une démarche en direction du consommateur, à la recherche d’une plus grande qualité, d’une plus grande originalité des produits, enracinée dans la production locale. NINKASI cherche ainsi à développer son approvisionnement régional en malt et en houblon en participant à la reconversion d’exploitations viticoles.

L’économie circulaire soulève un enthousiasme à la hauteur de ses défis. Il faut par exemple aller la massification des flux de déchets. Pour que l’économie circulaire fonctionne, elle doit repose sur des échanges à des prix acceptables. Gilles Cesbron, gérant de SOLUDI, société spécialisée dans la gestion des flux de déchets, insiste sur la massification des flux, non seulement pour la valorisation énergétique, mais aussi pour la valorisation matière.

Formation, recherche, droit

La révolution de l’économie circulaire, met en mouvement non seulement les entreprises, mais leur environnement réglementaire, la formation, la recherche, les institutions. Anne-Sophie Herrebaut, de la Direction régionale de l’ADEME Rhône-Alpes a rappelé l’inscription de l’économie circulaire dans le prochain contrat de plan entre l’Etat et la Région Rhône-Alpes. Géraldine Michel, avocat au cabinet FIDAL spécialisée en propriété industrielle, rappelle que l’économe circulaire suppose à la fois innovation et coopération entre entreprises, qui rendent indispensable la sécurité juridique des opérations. L’économie circulaire crée aussi une demande au niveau de la formation, non seulement des ingénieurs, mais aussi des managers. Catherine Giraud-Mainand co titulaire de la Chaire EcoEmballages EM Lyon/Centrale Lyon, a témoigné de l’engagement des écoles mais aussi des étudiants dans ces pistes nouvelles.

Jean-Luc Guyot, président d’Ingénieurs et Scientifiques de France Ain Rhône, a tiré un bilan positif d’une journée, qui permet non seulement d’échanger sur la technique, de faire connaitre les métiers de l’ingénieur, mais aussi de rappeler la contribution des scientifiques, des techniciens, des ingénieurs aux enjeux environnementaux, sociétaux et économiques actuels.

michel.deprost@enviscope.com

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