Économie durable

La filière cimentière a sa feuille de route de décarbonation

La publication de la feuille de route de décarbonation de la filière Ciment a été annoncée le 19 mai par les ministères de la Transition écologique et de l’Économie et des Finances et le Syndicat Français de l’Industrie Cimentière.

L’industrie cimentière prévoit dans sa feuille de route de baisser de 24 % ses émissions de GES en 2030, puis de 80 % en 2050, par rapport à 2015. ©Jcb-caz-11, CC BY-SA 4.0

La filière « production de minéraux non métalliques et matériaux de construction » représente 23 % des émissions de gaz à effet de serre totales de l’industrie, soit 18,4 MtCO2eq dont, 10,7 MtCO2eq pour la production de ciment. Sa décarbonation est donc primordiale pour atteindre les objectifs fixés par la stratégie nationale bas carbone (SNBC), qui table sur une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’industrie de 35 % d’ici 2030 et de 81 % d’ici 2050.

En cohérence avec le scénario de la SNBC spécifique à la filière, l’industrie cimentière prévoit dans sa feuille de route de baisser de 24 % ses émissions en 2030, puis de 80 % en 2050, par rapport à 2015. Pour atteindre cet objectif, le secteur s’appuiera sur des leviers tels que la diminution de la teneur en clinker des ciments produits, le remplacement des combustibles fossiles par des combustibles alternatifs, ou la capture, l’utilisation et le stockage de carbone.

« Cette feuille de route repose sur des réalisations déjà très concrètes des acteurs cimentiers, et contient des ambitions fortes pour la transition bas carbone et circulaire de l’ensemble de la filière construction, souligne François Petry, président du Syndicat français de l’industrie cimentière (Sfic). C’est grâce à la volonté des acteurs, au soutien de l’État et à nos efforts conjugués dans les territoires que nous serons au rendez-vous de la réglementation environnementale des bâtiments (RE2020) et de la neutralité carbone en 2050. La France ne doit pas passer à côté de l’innovation qui lui permettra de rayonner en proposant des solutions bas-carbone à l’international. »

Le plan France Relance, annoncé en septembre 2020 et mobilisant 1,2 milliard d’euros pour accompagner l’industrie dans sa décarbonation, sera un outil de premier plan pour l’exécution des différents volets de cette feuille de route. Plusieurs projets sont actuellement à l’étude ou déjà soutenus pour certains, avec, à la clé, des réductions annuelles de GES de plusieurs dizaines de milliers de tonnes.

La pérennisation de ce soutien, permise par le renouvellement en 2021 des appels à projets(1) de l’Ademe et le maintien du guichet de subvention aux projets d’efficacité énergétique opéré par l’Agence de Services et de Paiement (ASP), permettra à la filière de concrétiser et d’accélérer les investissements dans ce domaine.

Le secteur cimentier prolonge enfin ses engagements pour la décarbonation de ses procédés par des actions autour du recyclage du béton dans une logique d’économie circulaire, notamment dans le cadre du Comité stratégique de filière Industries pour la Construction. Cette démarche viendra compléter et enrichir le spectre des outils permettant d’améliorer son empreinte globale.

  1. Les AAP dédiés à la production de chaleur bas-carbone (BCIAT et EnergieCSR) et l’AAP Décarbonation des procédés et des utilités dans l’industrie (Decarb Ind).

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