L’Ardèche veut produire 450 tonnes de châtaignes labellisées d’ici 2020

L’Ardèche part à la reconquête de la châtaigneraie traditionnelle. Depuis les années 60, la production de châtaignes a fortement régressé. Le premier département de France producteur de châtaignes a donc lancé le « plan châtaigneraies traditionnelles », en juin 2017. Officiellement signé le 17 avril dernier, par Jean-Pierre Taite, vice-président régional délégué à l’agriculture, il durera jusqu’en 2020.

Ce programme est co-animé, depuis 2013, par le parc naturel régional des Monts d’Ardèche, la chambre d’agriculture, le comité interprofessionnel de la châtaigne d’Ardèche et le syndicat de défense de la châtaigne d’Ardèche. Ces quatre années d’essai ont d’ailleurs suscité un fort engouement. Près de 250 dossiers ont été traités sur cette période, ce qui correspond à près de 16 000 châtaigniers réhabilités . Les castanéiculteurs et les propriétaires de châtaigneraie peuvent bénéficier de conseils techniques mais aussi d’un soutien financier pour réhabiliter ou renouveler leurs châtaigneraies. L’aide « coup de pouce » permet notamment d’effectuer des travaux de rénovation au sol (débroussaillage, abattage des rejets de châtaigniers, abattage des ligneux gênants pour les châtaigneraies abandonnées) ou d’élagage. Désormais, le programme permet de développer la création (greffage, plantation) de vergers de châtaigniers. La région Auvergne Rhône-alpes contribuera, à présent, à hauteur de 283 000 € par an, auxquelles s’ajoutent les financements du département, ceux de l’ Europe et l’autofinancement des propriétaires.

Valoriser la « châtaigne d’Ardèche »

« La chance de ce territoire en pente, c’est qu’on ne peut pas faire grand-chose d’autre que de la châtaigne ou du pastoralisme ( l’élevage) », analyse Camille Demené, chargé du dossier auprès du Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche. « Au total , il y a 36 000 hectares dans les monts d’Ardèche sur lequel il y a seulement 5 00 vergers » ce qui correspond à 5 ou 6000 hectares exploités, poursuit-elle. Même si une petite partie reste inexploitable, le potentiel des châtaigneraies reste immense. Pour le fruit ou pour le bois de châtaigniers, «la demande est clairement supérieure à l’offre. Il y a une forte demande des industriels sur le secteur. On estime d’ailleurs qu’il y a un potentielle de 2 000 tonnes de production supplémentaire

L’objectif est d’obtenir pour l’échéance du programme, une production de 450 tonnes de châtaignes d’Ardèche labellisé AOP. Chaque année, le département produit en moyenne près de 5 000 tonnes. Afin de valoriser l’ensemble des châtaigneraies anciens , le parc fait un important travail de sensibilisation. « On réalise les diagnostique de chaque terrain et on accompagne pour monter les dossier . On fait un travail de sensibilisation des communes, des animations collectives. On identifie aussi les terrains potentiels qui peuvent être revalorisés. », détaille Camille Demené.

VOIR AUSSI