Eau

Le rendement des réseaux d’adduction d’eau reste médiocre en Rhône-Alpes

A la fin de 2011, une étude de la Cellule économique Rhône-Alpes, (CERA) réalisée auprès de 258 services des eaux, a estimé le rendement des réseaux d’eau potable, c’est-à-dire la part du volume d’eau introduit dans le réseau, après traitement et le proportion de cette eau efficacement délivré aux usagers. L’étude s’est intéressé à l’Indice linéaire de perte (ILP), le volume d’eau perdu chaque jour par kilomètre de réseau.

Le rendement global des réseaux d’eau en Rhône-Alpes était de 78%. L’indice linéaire de perte était de 5,7 mètres cubes. Et le taux de renouvellement du réseau était de 0,9% par an.

C’était mieux qu’au niveau français global, pour lequel le rendement était en 2009 de 76% selon une estimation de l’Office national de l’Eau et des Milieux Aquatiques. Mais au niveau français en 2009, l’indice de perte était de 3,9% mètres cubes par jour et par kilomètre, avec un taux de renouvellement de 0,6% par an.

La situation était sensiblement plus dégradée  pour les réseaux de Méditerranée Corse, en 2009, selon l’ONEMA avec un rendement de 72% un indice de perte de 7,6 mètres cubes par jour et par kilomètre et un taux de renouvellement de 0,7%.

Des disparités

La moyenne régionale de Rhône-Alpes cache cependant des disparités. Quand elle est connue. Car pour le département de l’Ardèche les données n’étaient pas disponibles. Pour la Drôme, le rendement était de 68,6% et l’indice de perte de 5,1%. Le rendement était sensiblement meilleur dans la Loire  (83,5%) et dans le Rhône (80,9%). Il faut souligner que selon la Fédération Régionale des Travaux publics de Rhône-Alpes, seulement 15% des collectivités avaient réallisé à la fin de 2013, le diagnostic de leur réseau pourtant obligatoire!

L’état des lieux laisse apparaitre qu’un tiers des services n’atteignait pas le rendement seuil défini par le décret du 27 janvier 2012. Bien sûr 46% des services atteignaient le seuil recalculé de 85% de rendement.

Le taux de renouvellement constaté en 2009 en Rhône-Alpes est insuffisant pour assurer une bonne qualité de fonctionnement. Le taux de renouvellement de 0,9% signifie qu’il faudrait 115 ans pour renouvellement totalement le réseau. C’est beaucoup plus long que la durée de vie d’une canalisation estimée par les canalisateurs, dans une fourchette de 60 à 80 ans.

Les petites communes de montagne en gestion directe: moins de qualité

L’étude rapproche la qualité des réseaux, le rendement, des types de gestion. Deux types de services de gestion des eaux sont jugés performants. Les premiers sont les organisations intercommunales ou mixtes de secteurs de plaine, en gestion déléguée avec un réseau dense. Viennent ensuite les communes de plaine, avec une gestion de l’eau déléguée, ou situées en montagne, avec un faible volume d’eau.

Des types de gestion sont plus difficiles, et ont des performances médiocres, ce sont les services des communes de montagne,  dont le réseau est peu dense, qui comptent peu d’habitants, et gèrent directement leur service des eaux.

michel.deprost@enviscope.com

1) L’étude est téléchargeable sur le site de la DREAl: www.rhone-alpes.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_cle291d25.pdf

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