Environnement

Le Syndicat de la Presse Indépendante d’Information en Ligne se prononce contre une ” taxe Google”

Des échanges se sont multipliés ces derniers jours dans le secteur de la presse, autour  de la proposition avancée par le Syndicat Nationale de la Presse Quotidienne d’une taxation de Google et des agrégateurs de contenus.

Les moteurs de recherches comme Google publient les titres et premières d’informations publiées par des sites d’information vers lesquels les internuates peuvet se rendre s’ils souhaitent découvrir l’information intégrale. Les agrégateurs proposent de même selon des thématiques variées, la reprise de ces titres et informations essentiels. cette activité qui n’est pas créatrice de contenus, à l’origine d’une audience que ces entreprises monétisent, avec des ressources importants, mais sans supporter les charges lourdes de la recherche et de la mise en forme de l’information.

Le Syndicat National de la Presse Quotidienne propose que ces entreprises soient taxées et que le produit de cette taxe soit reversés aux entreprises de presse. Le SPIIL ne partage pas cette approche.

GOOGLE doit être imposé en France

Google doit-il être taxé pour financer la presse en ligne ? Le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil) estime que :

–          Oui, Google devrait être imposé en France pour les activités commerciales qu’il y mène. Il est totalement anormal que Google qui réalise 1,2 milliards € de chiffre d’affaires dans l’Hexagone, n’en déclare que 150 millions, et ne paie que 5 millions € d’impôts ;

–          Non, Google et les autres moteurs de recherche ne doivent pas être taxés pour que les montants collectés soient reversés aux éditeurs de presse, à la manière d’une subvention déguisée.

Le Spiil considère que la loi dite Google Lex, récemment adoptée en Allemagne (taxation des agrégateurs d’actualité comme Google News), ainsi que la proposition de loi présentée cette semaine en France par le Syndicat de la presse quotidienne nationale (taxation de l’indexation des contenus de presse) constituent des solutions inappropriées.

Alors que Google possède le monopole quasi-exclusif de la recherche sur Internet, notamment en France, de telles mesures ne feraient que conforter sa prédominance, et placeraient la presse numérique sous sa tutelle quasi-exclusive. Pourquoi ?

1.- Pour être visibles sur la toile, les éditeurs de presse sont largement dépendants du référencement de leurs informations par Google. Cela provoque une uniformisation des contenus, les mêmes mots-clés et les mêmes thèmes étant traités en même temps par les éditeurs qui tentent d’arriver en tête des pages de recherche de Google. Cette course effrénée à l’audience entraîne un affaiblissement de la qualité des informations, et tue l’indispensable diversité de la presse.


Un risque de dépendance et d’uniformité


2.- Si les éditeurs sont un jour rémunérés également par des taxes versées par Google, ils seront soumis à une double dépendance : dépendance pour l’audience et dépendance pour les recettes.

Le Spiil estime que les difficultés actuelles des éditeurs de presse ne seront pas surmontées par la création d’une nouvelle rente, mais par l’émergence d’un nouvel écosystème de l’information numérique, qui favorise l’innovation, la diversité et l’indépendance de la presse.

Lors de la 3ème Journée de la presse en ligne qu’il organise le 19 octobre à Paris, le Spiil rendra public un Manifeste des éditeurs de presse en ligne. Celui-ci proposera des mesures très précises pour la création de ce nouvel écosystème.”

A propos du Spiil

Créé en 2009, le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil) regroupe une soixantaine d’éditeurs ayant le numérique comme activité de référence.

Plus d’infos sur www.spiil.org

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