Mobilité

Les flottes captives levier de la mobilité électrique

Outil de communication, affichage d‘image, mais aussi pari technologique et recherche d’économies, les flottes captives de véhicules électriques sont de fait un levier pour un marché, qui aurait peu de chances de décoller avec la seule demande des particuliers.

SPIE, groupe d’électricité industrielle a engagé un plan de développement de la mobilité électrique dans ses agences. EDF a commencé à mettre en place un parc. DHL Express France a intégré 20 véhicules électriques à son parc et se fixe comme objectif à l’horizon 2015 d’atteindre 30% d’utilitaires électriques dans sa flotte. L’entreprise a notamment expérimenté sur le terrain plusieurs utilitaires 100% électriques, comme le « Mooville » en juin sur sa tournée urbaine.

A une échelle plus large, l’Union des Groupements d’Achat Publics (UGAP) fait un premier point sur le groupement de commandes lancé il y a plus d’un an. « L’objectif était de passer commande de 23 000 véhicules en trois lots, dont un lot pour des véhicules utilitaires 3 mètres cubes, la Kangoo ZE, et un lot pour un véhicule deux places la Peugeot Ion » explique Stéphane Zunino, de l’UGAP.

10 000 véhicules pour La Poste

Le troisième lot, pour un véhicule quatre places de pool n’avait pas été retenu, car il y a plus d’un an le coût total d’exploitation n’était pas compétitif, « un critère obligatoire », explique Stéphane Zunino. Les constructeurs ont réalisé des progrès, aujourd’hui l’UGAP va intégrer les véhicules quatre places dans son offre propre et des collectivités ou entreprises publiques pourront acquérir ces véhicules.

Les 20 000 véhicules du groupement de commande ont fait pour moitié l’objet d’un engagement de La Poste. Celle-ci va acquérir d’ici à la fin de 2015, un lot 10 000 véhicules, dont les premiers sont arrivés en Rhône-Alpes depuis le début de 2012.

Valence : la mobilité électrique sous toutes ses formes

Les collectivités ne sont pas en reste. La Ville de Valence est sans doute une des communes les plus avancées en France en matière de flotte électrique. Le chef-lieu de la Drôme a choisi dès 2008 de développer l’acquisition de véhicules légers, type berline ou utilitaire, entièrement électriques ou hybrides (électrique et essence).

Le parc électrique valentinois se compose de 39 moyens de locomotion utilisant l’électricité comme énergie de propulsion : 8 vélos à assistance électrique, 15 scooters électriques, 3 quadricycles électriques, 3 fourgonnettes électriques (modèle MIA), 8 berlines électriques 3 places (modèle MIA), 2 fourgons hybrides (GOUPIL).

« Valence est l’une des rares villes de France à avoir testé les véhicules électriques lors de leur développement, et aussi l’une des premières à avoir été livrée à l’automne 2011 » indique Patrick Ranc, adjoint au maire en charge des travaux, de la voirie, des déplacements et des transports en commun.

Grand Lyon : objectif 150 véhicules

C’est une démarche à la taille de l’agglomération qu’a engagée le Grand Lyon. La Communauté Urbaine de Lyon a acquis en 2012, huit véhicules Citroën électriques destinés à sa flotte, installée au siège de la Communauté urbaine. Ces véhicules, ont été modifiés par le constructeur français à partir de voitures Mitsubishi i-Miev. « L’objectif pris par Gérard Collomb, en tant que président de l’Association des communautés urbaines, est de faire acquérir par le Grand Lyon 150 véhicules dans les quatre ans qui viennent » rappelle Gilles Vesco, vice-président du Grand Lyon en charge de la mobilité douce.

Les huit premiers véhicules seront alimentés, via des bornes situées dans le garage du Grand Lyon, par de l’électricité verte fournie par la Compagnie Nationale du Rhône, dans le cadre de son offre Move In Pure d’électricité 100% renouvelable (hydroélectrique, photovoltaïque, éolien). Pour Gilles Vesco, « la voiture de demain sera électrique, partagée, et verte. »

michel.deprost@enviscope.com

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