Les gaz à effet de serre ont bien provoqué le réchauffement du climat

Le glaciers des Rouies, dans le massif des Ecrins, soumis comme les autres à un sévère recul ( Enviscope.com)
Le glaciers des Rouies, dans le massif des Ecrins, soumis comme les autres à un sévère recul (Enviscope.com)

Un nouveau calcul des dates auxquelles les blocs de rochers des moraines glaciaires n’étaient pas recouverts par la fonte des glaciers à la fin du dernier âge glaciaire prouve que le recul glaciaire a été provoqué, par l’élévation du taux de dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre par rapport à d’autres causes. Traduction d’Enviscope.com

Les taux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère sont aujourd’hui sensiblement plus élevés que ce qu’ils étaient à ‘époque, ce qui est une conséquence de la révolution industrielle et d’autres activités humaines développées depuis cette époque. C’est la raison pour laquelle l’étude confirme les prévisions sur les futurs retraits glaciaires selon laquelle ” la totalité des glaciers devraient disparaître de la Terre dans les prochains siècles.”

Ces conclusions ont été publiées ce jour dans Nature par des chercheurs de l’Université de l’Oregon, du Boston Collège et d’autres institutions scientifiques. Ces conclusions lèvent des incertitudes sur la fonte des glaciers qui a été due à une interprétation erronée des données de ces qui ont été exposés à l’atmosphère depuis 11 500 ans.

Cela montre qu’à la fin du dernier âge glaciaire, c’est seulement l’élévation du gaz carbonique et d’autres gaz à effet de serre qui peuvent avoir causé le recul des glaciers à travers le monde d’une manière simultanée.”explique Peter Clark, enseignant à l’Université d’Etat de l’Oregon, qui appartient au  College of Earth, Ocean and Atmospheric Sciences, co-auteur de l’étude.

Cette étude valide les prévisions selon lesquelles les pertes glaciaires totales seront provoquées d’une manière conjointe par l’augmentation des gaz à effet de serre générée par les activités humaines.” explique Peter Clark. “ On devrait assister à la perte de 80 à 90% de la masse des glaciers dans le monde dans les prochains siècles si les émissions de gaz à effet de serre se poursuive au rythme actuel.” ( the world’s glaciers)

Elévation des mers

Les reculs glaciaires futurs contribueront à l’élévation du niveau des mers et dans plusieurs cas, auront des répercussions sur l’approvisionnement local en eau. Depuis environ 7000 ans,  fin du dernier âge glaciaire  commencé il y a 19 500 ans,le niveau de carbone dans l’air est passé de 180 à 280 parties par million. Mais dans les 150 dernières années, le taux de carbone est passé de 280 à 400 parties par million, bien plus que ce qui était nécessaire pour mettre fin à l’âge glaciaire.

Ces découvertes, explique Peter Clark, se fondent sur de nouveaux calculs de l’époque à laquelle plus de 1100 blocs issus de l’érosion glaciaire, provenant de 159 moraines glaciaires (159 glacial moraines around the world ) ont été exposés à l’air libre après avoir été enfouis pendant des milliers d’années sous la glace.

Mesures des radionucléides cosmiques

L’exposition des rochers de moraines aux rayons cosmiques produit des radionucléides d’origine cosmique qui ont été mesurés pour permettre de dater événement de leur exposition. Or des avancées réalisées dans la mesure de ces données ont permis de nouveaux calculs. D’après ces derniers, l’élévation des niveaux de dioxyde de carbone déterminé depuis les anciens prélèvements dans la glace coïncide parfaitement avec l’époque à laquelle a démarré le recul glaciaire

« Longtemps il y a eu comme un mystère sur la raison pour laquelle ces rochers de moraines avaient été exposés, car cela ne coïncidait pas avec l’accroissement de la concentration en gaz à effet de serre. », précise Jeremy Shakun, professeur au Boston College et auteur principal de l’étude. « Nous avons établi que les premières datations assignées à cet événement n’étaient pas appropriées. Les données actuelles montrent que dès l’élévation des niveaux de gaz à effet de serre, les glaciers ont commencé à fondre et à reculer. »

Des causes locales

D’autres causes peuvent au niveau local ou régional jouer un rôle dans la fonte des glaciers, notent les chercheurs, par exemple les changements de l’orbite de la Terre autour du Soleil, et des changements dans la répartition de la chaleur émise par les océans. Ces facteurs ont probablement des effets locaux. Mais les scientifiques ont déterminé que le changement du niveau des gaz à effet de serre peut à lui seul expliquer le recul global des glaciers à travers la planète.

Les glaciers ont toujours présenté un intérêt considérable dans l’étude du changement climatique en raison de leur comportement sur le long terme qui en fait le baromètre le plus fiable pour mettre en valeur les haut et les bas entraînés par la variabilité annuelle, y compris des modifications de court terme des températures et des précipitations.

Les autres collaborateurs de cette recherche appartiennent à l’Université du Wisconsin, à l’Université Purdue, et au National Center for Atmospheric Research. Ce travail a été soutenu par le National Oceanic and Atmospheric Administration et la National Science Foundation.

 

michel.deprost@enviscope.com

 

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