Mobilité

Les opposants au Lyon Turin maintiennent leur pression juridique

Le projet Lyon Turin a franchi quelques étapes ces dernières semaines avec la confirmation du soutien des Etats et de l’Europe. Les opposants maintiennent la pression.

Le collectif des opposants annonce qu’il va déposer un recours devant le Conseil d’Etat pour demander l’annulation de plusieurs décisions concernant le projet. Le collectif met en avant un nouvel argument, qui concerne Réseau Ferré de France.

Des risques pour Réseau Ferré de France

Pour Daniel Ibanez, les statuts de RFF, maitre d’ouvrage, interdisent à l’entreprise de porter un projet dont le financement n’est pas assuré par des perspectives réalistes d’amortissement. Ce point a été soulevé en juillet dernier par le député Philippe Duron, président de l’Agence française pour le Financemen des Infrastructures de Transport qui a interrogé sur ce point le Président de Réseau Ferré de France, M. Rapoport.

Pour les opposants,  des incertitudes demeurent sur le financement et l’amortissement. Daniel Ibanez met en avant un principe de précaution financière, qui découle du traité européen de Lisbonne. Ce dernier interdit aux Etats de l’Union de lancer des dépenses non maitrisées. Pour Daniel Ibanez, alors que l’endettement de RFF a déjà augmenté, il est dangereux d’accroitre les risques qui pèsent sur l’entreprise.

Trafic routier en baisse

Les opposants renouvellent  aussi les arguments soulevés par eux depuis deux années. Ils soulignent la baisse du trafic routier dans les Alpes françaises entre la France et l’Italie. Le trafic routier est de plus en plus un trafic interrégional, de Rhône-Alpes au Nord de l’Italie, et non un trafic de transit, du Nord au Sud de l’Europe.

Retard du report modal

Ils mettent en avant l’absence de mesures de report modal, pour faire basculer du trafic sur la ligne historique.  Avec ces investissements réguliers, au niveau de la voie, de la signalisation, les Suisses ont développé le trafic aussi sur leur réseau traditionnel explique Daniel Ibanez. Ce sont, pour le collectif,   ” 300.000 camions qui doivent prendre l’autoroute ferroviaire Alpine, comme cela a été promis devant l’Assemblée en 2002.” Il faut reconnaitre que le renforcement de l’Autoroute ferroviaire alpine se fait attendre.

Mise en danger de la vie d’autrui

Par ailleurs, les opposants signalent que la plainte déposée auprès du Procureur de la République de Chambéry, pour mise en danger de la vie d’autrui fait l’objet d’une enquête préliminaire.  Ils demandent que «  cesse en 2014, la mise en danger de la vie des habitants et la pollution des vallées Alpines, par les camions qui transportent des marchandises, alors qu’elles pourraient l’être par le train. Il est évident que les habitants des vallées notamment ceux de la Maurienne sont sciemment soumis à un risque excessif » explique Daniel Ibanez.

Lancement de travaux

Ils demandent que les travaux de doublement de la voie ferrée unique de Saint-André le Gaz à Chambéry soient lancés en 2014, pour que les habitants puissent utiliser le train plutôt que leurs voitures et que la circulation automobile diminue ILS demandent aussi  le doublement de la voie d’Aix-les-Bains à Annecy soit lancé en 2014, pour que Chambéry et Annecy ne soient plus traversées par plus de 100.000 voitures par jour et que des transports fiables soient mis en service.

 Le Collectif des opposants demande  la mise en service une ligne maritime entre l’Espagne et l’Italie pour réduire le nombre de camions sur la côte méditerranéenne.

michel.deprost@enviscope.com

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