Environnement

Les parcs régionaux devront créer des innovations transférables

Les Parcs naturels régionaux de Rhône Alpes couvrent  15% du territoire régional. Cent cinquante mille habitants y vivent dans 425 communes. L’objectif du Gouvernement, repris par la Région, est que les parcs couvrent 20% du territoire.

En Rhône Alpes, trois projets de parcc sont en cours. Le projet de Parc des Baronnies provençales est quasiment achevé. Une étude d’opportunité a été rendue pour un parc naturel régional de la Dombes et la candidature pou un parc des Belledonnes a émergé.

Mais la question de la multipication et du développement des parcs se pose. Des critiques s’expriment parfois sur l’évolution des parcs. Pour certains observateurs, les pars naturels régionaux sont des structures confortablement installées, dont le  fonctionnement est devenu technocratique et lourd, qui sont dans la gestion plus que dans l’innovation. La question doit être débattues de leurs moyens, de l’évaluation de leur action.

La question a été posée en termes plus doux  lors du dernier Conseil régional de Rhône-Alpes, par un rapport présenté par Edouard SIMONIAN, Conseiller régional en charge des PNR.

Des laboratoires

La Région veut repositionner  les parcs comme « laboratoires d’expérimentation et d’innovation, notamment des politiques publique régionales prioritaires, au titre de leur programme d’action. L’ingénierie renforcée dont bénéficie les parcs doit rayonner au-delà de leurs seuls territoires ». Tout cela doit se faire dans un cadre financier contraint.

 Il faut que es parcs produisent des solutions concrètes, transférables comme tout laboratoire. Un laboratoire n’est pas destiné à réaliser seulement des expériences. Les parcs devront oeuvrer davantage au développement d’une économie de proximité, des stratégies énergétiques de la Région.

Des moyens contraints

L’Union de la Droite et du Centre n’a pas voté le rapport, car Sylvie Cochet a exprimé deux inquiétudes.

Le premier danger, c’est l’objectif de 20% du territoire couvert par les parcs. Un parc, a rappelé l’élue, est  “un territoire d’exception par son homogénéité, mais aussi par sa population, qui s’est forgée au fil des générations une forte identité commune, en osmose avec son cadre de vie.

Dans le cas du PNR des Baronnies provençales, l’élue souligne qu’un tiers des communes drômoises sont opposées à la démarche. “ Il en résulte un territoire mité, probable explication du peu d’empressement de l’Etat à s’engager. »

La multiplication pose d’autant plus problème que les moyens de la Région qui finance la plus grosse partie du fonctionnement, sont limités.  « Nos collectivités doivent changer de paradigme : même en cas de reprise économique, leurs ressources n’augmenteront pas. En multipliant le nombre de Parcs, les dotations se réduiront, comme c’est le cas pour les dotations d’Etat avec la création de deux nouveaux Parcs en Bretagne et Poitou-Charentes.  La Région Rhône-Alpes n’échappera pas à la règle pour ses parcs.”

Le deuxième danger est lié à la gouvernance. Sylvie Cochet met en garde contre un poids trop grand des services de la Région dans la gestion des parcs. ” Les élus des Parcs, pragmatiques et concrets, ne se laisseront jamais imposer des politiques qui ne leur semblent pas prioritaires. Comment la Région oserait engager des maires ruraux dans une démarche de préservation de la ressource en eau, quand leur réseau d’assainissement fuit à90%, sans qu’ils puissent entrevoir la moindre subvention pour y remédier ?”  Pour Sylvie Cochet, il est indispensable de donner la parole aux territoires, et de prendre en comptes réalités économiques. Aujourd’hui, rappelle-t-elle, ‘ les experts internationaux s’accordent à dire que le développement ne peut être qualifié de « durable » que s’il intègre pleinement la composante économique.

michel.deprost@enviscope.com

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