Environnement

Loup : l’Etat annonce entendre davantage les éleveurs

 Le Plan Loup et activités d’élevage 2018-2023 proposé par l’Etat assouplit les tirs contre le loup, mais  les organisations professionnelles ont refusé d’assister à une réunion présidée par Stéphane BOUILLON, préfet d’Auvergne-Rhône-Alpes, coordinateur du plan loup.
La gestion des populations de loups en France doit être menée en tenant comptes des dégâts sur les troupeaux et des conditions de travail des berger s et des éleveurs.  Le projet de plan national «Loup et activités d’élevage 2018-2023» prend clairement en compte cette cohabitation parfois sinon souvent conflictuelle.
Une réunion s’est tenue le 12 décembre en Préfecture du Rhône pour présenter le projet de plan et  les projets d’arrêtés ministériels pour sa mise en œuvre. Les organisations professionnelles agricoles font front commun contre l’insuffisance des mesures prises par l’Etat ces dernières années, car la population de loup se développe , comme les attaques.

Concilier  pastoralisme et loup
Le plan national «Loup et activités d’élevage» définit les moyens permettant de concilier activités d’élevage et présence du loup. L’ordre des termes n’est pas innocent. Il révèle une prise en compte accrue de la situation des éleveurs. Le plan , rappelle l’Etat, ”  prend en compte les situations de détresse des éleveurs et la préservation des activités pastorales: il s’agit de permettre à chaque éleveur de défendre et protéger efficacement son troupeau, qu’il soit dans un foyer d’attaque ou dans une zone de colonisation. Les modalités de gestion des tirs et des mesures de protection sont adaptées pour limiter au maximum les attaques sur les élevages et le pastoralisme.

Cinq cents loups

Le plan répond aussi aux demandes des associations de protection du loup, qui en général, ne tolèrent aucune atteinte au développement des populations lupines et critiquent le principe même de tirs.  Le Plan précise que l’objectif est une population viable de loups, avec un seuil de viabilité évalué à 500 spécimens, contre actuellement environ 300 . Ce seuil pourra être ajusté en fonction de l’avis annuel du Conseil scientifique permanent du PNA. Le Plan Loup et activités d’élevage 2018-2023,  retient le principe de gestion adaptative pour tenir compte de l’évolution de la population lupine, de la pression de prédation et des impacts sur l’élevage.

Stéphane BOUILLON, a annoncé  les décisions gouvernementales prises suite aux échanges avec toutes les parties prenantes. ”   Le Gouvernement entend le souhait légitime des éleveurs victimes de se défendre face aux

attaques, que ce soit dans les foyers d’attaque ou dans les zones de colonisation. Les mesures de gestion des tirs et de protection sont donc adaptées.
Le plafond initial de la campagne de tirs 2018 sera établi à 40 bêtes abattues. Ce plafond sera actualisé en fonction de la population de loups recensée au printemps, et porté à 10 % de la population estimée. Le préfet coordonnateur pourra décider de tirs additionnels de défense dans la limite de 2 % supplémentaires, dans l’hypothèse où ce plafond serait atteint avant la fin de 2018. En cas de situation exceptionnelle,  le préfet pourra autoriser les tirs de défense simple au-delà de ce plafond pour que les éleveurs puissent se défendre toute l’année.

Trois attaques par commune

La gradation des tirs s’appliquera non pas à partir de trois attaques par troupeau mais à partir de  trois attaques par commune, ce prend en compte un espace plus vaste et la mobilité du canidé qui peut passer d’un secteur à l’autre d’une même commune donc  d’un alpage à l’autre. Des tirs de prélèvement sur des territoires bien définis en fonction de la prédation pourront aussi  être décidés du 1er septembre au 31 décembre.
Le suivi de la population des loups suppose de distinguer les loups des hybrides. Il convient en effet de ne pas considérer comme loup, des animaux issus du croisement avec des chiens génétiquement proches. Une mission des deux ministères (Transition écologique et solidaire et Agriculture et de l’Alimentation) sera diligentée sur cette question.

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