Science

On sait pourquoi les petits manchots résistent au froid

Comment les manchots font-ils pour résister au froid de l’Antarctique ? Comment les jeunes manchots, qui naissent dans des conditions très dures, peuvent-ils pourtant se développer ? C’est à ces questions que Mireille Raccurt, ingénieur de recherche à l’Unité Mixte de recherche 5123 CNRS/ Université Claude Bernard Lyon 1 a apporté des réponses dans le cadre de travaux poursuivis au Laboratoire de physiologie intégrative cellulaire et moléculaire installé sur le campus de la Doua, à Villeurbanne. Des travaux qui ont été menés aussi sur le terrain, en Antarctique où l’ingénieure de recherche, récompensée par un Cristal du CNRS, a passé plusieurs semaines au début de l’année 2009.


Pour comprendre la résistance des poussins manchots aux conditions du froid antarctique, il faut s’intéresser aux mécanismes de la thermorégulation, qui permettent aux organismes à sang chaud de maintenir, malgré de fortes variations de la température extérieure, la température interne aux environs de 35 à 37 degrés. Le mécanisme de thermorégulation permet de mobiliser des ressources énergétiques constituées par l’organisme. Ce dernier doit partager les ressources puisées dans l’environnement, entre la construction du corps et la protection contre le froid. Cette contrainte est d’autant plus dure pour les jeunes manchots que ces derniers doivent croitre dans un environnement parfois très pauvre en nourriture.


Pas de tissu adipeux brun


Chez plusieurs espèces, comme les rongeurs, les ressources mobilisables se trouvent dans le tissu adipeux brun, qui sert de stock de graisse. Mais le manchot de possède pas de tissu adipeux brun. Comme l’Homme d’ailleurs. Comment alors, peut se réaliser la gestion du stock de graisse, en fonction des contraintes externes, la température, et des besoins internes du corps qui a besoin de se construire.


La réponse se trouve au cœur des cellules, dans les mitochondries, ces organes cellulaires qui produisent chez ces espèces, une protéine de découplage, capable de gérer la thermorégulation ou la distribution d’énergie pour le corps. Le production de la molécule permet de déclencher les phénomènes de mobilisation des ressources dans telle ou telle direction. Ces résultats pourront permettre de mieux comprendre des phénomènes comme l’obésité, qui constituent à présent dans de nombreux pays, une épidémie lourde de conséquences en termes de santé publique.


michel.deprost@enviscope.com






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