Eau

Martin GUESPEREAU,Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée : des regroupements seront nécessaires pour mieux gérer l’eau


Martin Guespéreu: Cette étude a permis de nous rendre compte d’ évolutions que nous pressentions, en particulier pour le monde rural. Elle permet d’avoir une vision globale et de réfléchir à des solutions.

Il semble que les textes qui  régissent la gestion de l’eau ne sont pas toujours mis en pratique ?

La loi prévoit que le budget de l’eau doit être un budget séparé. L’eau doit payer l’eau et c’est très bien. Elle prévoit aussi que les gestionnaires mettent en place des méthodes de gestion, en particulier des méthodes d’amortissement.Ils doivent connaitre les réseaux et savoir à quel rythme ces derniers doivent être rénovés pour tenir compte de ces informatioons pour leurs investissements. Or un quart seulement des propriétaires de réseaux mettent en oeuvre une gestion de l’amortissement.

La Loi Grenelle 2 prévoit l’établissement de diagnostics sur les réseaux d’eau et fixe comme objectif un rendement de 85%. Les plans pour l’établissement des diagnostics doivent être mis en place au plus tard au 31 décembre 2013. Cela suppose une mobilisation des collectivités et des gestionnaires. Des solutions existent, des délégataires ont des solutions, qui doivent être évaluées. La loi prévoit que les collectivités qui n’auront pas mis en place de plan de leur réseau soient sanctionnées financièrement et cette répercussion aura un effet sur le prix.

La situation des préoccupante dans les campagnes?

La situation dans les campagnes est alarmante. Un énorme effort a été réalisé avant et après la deuxième guerre mondiale, pour développer des réseaux, pour l’électricité, mais aussi les réseaux de distribution d’eau et des réseaux d’assainissement.

Des syndicats se sont mis en place et on à l’impression que depuis rien n’a bougé sur le fond. Or l’investissement dans les réseaux ruraux est onéreux: la longueur de ces réseaux par rapport au nombre d’habitants est importante. L’entretien est aussi onéreux, et devant l’importance de la dépense, cet entretien est souvent réalisé au coup par coup, avec des réparations ponctuelles, qui ne prennent pas en compte l’état général.

Ces solutions ne sont que provisoires. Les problèmes peuvent se multiplier jusqu’au jour où le réseau n’est plus du tout en état. Il faudra alors relancer des opérations lourdes, qui feront grimper le prix de l’eau.

On a trop longtemps pensé qu’on pouvait avoir de l’eau à un prix bas, mais bien gérer l’eau dans la durée, suppose des investissements, donc un prix minimum de l’eau payée par le consommateur, ce qui permet finalement dans la durée de maitriser les prix.

L’organisation de la gestion de l’eau doit aussi être revue ?

Il y a trente cinq mille communes en France qiu ont la compétence eau, et 31 000 captages. C’est beaucoup trop, beaucoup trop lourd à gérer, à protéger, à surveiller. Il serait possible de faire face aux besoins avec moins de captages, ce qui réduirait les coûts.

Il faut envisager des regroupements de gestionnaires Dans certains pays, le nombre de clients servispar un gestionnaire est très supérieur à ce qu’il est en France.

Certains syndicats ne regroupent que de toute petites communes, ne desservent que quelques centaines de clients, ce qui ne permet pas de disposer de moyens humains et techniques pour un service efficace.

Les regroupements, la simplification peuvent  prendre plusieurs formes. A Montpellier, l’agglomération a décidé de passer un seul marché, qui permet de transformer 18 contrats en un seul.  On comprend comment cette simplification permet de mieux négocier et de mieux  prendre en compte les réalités techniques.

michel.deprost@enviscope.com

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