Mobilité : La voiture moyenne des Français en 2017 : plus gourmande, plus carbo-émissive, plus chère

Pour la première fois depuis dix ans, la consommation et les émissions de CO2 de la voiture neuve moyenne des Français sont en augmentation. Les pollutions liées au Diesel sont, elles, en recul. 

Comme tous les ans depuis 1953, notre confrère L’argus dresse le portrait de la voiture neuve moyenne de France, reflet des goûts des automobilistes, des comportements des entreprises, mais aussi du contexte économique. Tous les indicateurs sont passés au crible, de la puissance au prix en passant par la consommation et les émissions de CO2. Et sur ces deux derniers critères, une régression est à déplorer en 2017.

Record de prix

A 26 717 €, la voiture moyenne des Français bat un nouveau record de prix. Le prix des véhicules achetés est en constante augmentation depuis dix ans : le tarif moyen était tombé à 18 962 € en 2008 suite à la crise économique et bancaire.
Mais avec une progression de +32,4 % en 9 ans, l’évolution dépasse de très loin l’inflation générale, limitée à +11 % sur la même période. Le marché est en effet tiré par le haut de gamme : les véhicules de plus de 35 000 € ont ainsi progressé de 3 points par rapport à 2016, atteignant 19 % de parts de marché en 2017.

Consommation et émissions de CO2 en hausse

Cette croissance traduit la reprise économique et les gains de pouvoir d’achat des automobilistes, mais aussi leur aspiration pour des véhicules plus rassurants, plus solides d’apparence, finançables grâce à des prêts à taux réduits : les constructeurs y répondent avec des gammes élargies de SUV, carrosserie qui représentait en 2017 près d’un tiers du marché du véhicule neuf en France, avec 681 000 unités immatriculées.

Problème : ces modèles sont plus lourds et moins aérodynamiques : des handicaps que les progrès technologiques sur les motorisations ne parviennent désormais plus à compenser. Pour la première fois depuis 2008, la consommation de la voiture moyenne repart à la hausse, avec une valeur de 4,6 litres aux 100 km, soit 2,2 % de plus qu’en 2016. Sans surprise, les émissions polluantes suivent la même évolution, avec 111 grammes de CO2 par kilomètre, contre 109 grammes en 2016 (+1,8 %).

Recul du Diesel, et de ses polluants

Une dégradation qui reste toutefois à nuancer par le retour en grâce des motorisations essence, au détriment du diesel : ce dernier ne représente plus que 47 % des immatriculations de voitures neuves en 2017, contre 52 % en 2016. À la clé, une consommation globalement en hausse liée au pouvoir énergétique inférieur du carburant sans plomb, mais au bénéfice des concentrations de particules fines et d’oxydes d’azote, polluants spécifiques à la combustion du gazole.

Ce rééquilibrage du mix énergétique se confirme sur la première partie de 2018 (42 % en janvier-février), de sorte que les courbes des émissions de CO2 et de consommation de la voiture moyenne devraient poursuivre leur remontée en 2018 et dans les années à suivre. A moins d’un retournement du marché au détriment du SUV, ou alors d’une démocratisation des innovations technologiques qui permettraient de compenser le surcroît de poids de ces carrosseries via l’hybridation, des matériaux plus légers, des aides à l’éco-conduite, etc.

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